Bussenette et crépusculaire via ferrata

L'aventure et l'évasion

Bussenette et crépusculaire via ferrata

13 avril 2019 Randonnée Via ferrata 0

Bussenette et crépusculaire via ferrata…en avril !

Bussenette via ferrata que cette randonnée familiale des Sources de la Moselle, du moins pour la première partie, la seconde étant un peu plus technique et un peu plus physique surtout après avoir déjà fait la première, pour ceux et celles qui n’ont que peu de résistance/endurance.

Vallée de Bussang

La particularité de cette « expédition » d’avril fut de démarrer alors que tout le monde était reparti !!! La fin du jour n’était pas bien loin lorsque les premiers mousquetons cliquetèrent sur le câble, l’activité précedente ayant duré une heure de plus que prévu. L’expérience n’en serait que plus enrichissante pour les deux novices de l’équipe !

Bien sûr, cette promenade bussenette ( propre à Bussang, donc !) ne fut pas engagée sans emporter des lampes têtières, mais la démarche fut de ne les mettre en fonction qu’à la limite sécuritaire, soit à l’issue du tronçon de première partie, classé « difficile » (mais ce n’est que relativement à la variante « facile » locale, car on est loin du niveau « difficile » dans le classement général des vie ferrate !!!).
La première partie comporte en effet des longueurs quasi-horizontales où l’on marche tout bonnement, des passages peu pentus, et globalement peu exposée voire pas du tout exposée au vide donc peu stressante…d’où l’appellation de rando-ferrata.

Néanmoins, pour de purs débutants ou des personnes en petite forme, ou manquant d’assurance en elles, c’est un parcours utile et intéressant…voyons ici ce qu’en a pensé Tételle, pour qui c’était une première fois, corsée par la baisse de luminosité naturelle ambiante !

Tételle à la poutre…

Il est 19h, nous voilà prêts et équipés pour la via ferrata bussenette enchaînée après l’après-midi canyoning.
Nouvelle expérience pour moi qui n’avais jamais essayé cette activité. La via ferrata m’a été décrite comme « un accrobranche… mais contre la montagne ! », ça tombe bien j’adore l’accrobranche (d’après mes derniers souvenirs à 15/16 ans).
1 minute de marche et nous voilà au début du parcours : des barreaux fixés verticalement à même la roche. Christian nous explique comment accrocher nos mousquetons pour être en sécurité pendant l’activité et nous voilà partis. Nous escaladons quelques roches, parcours assez fluide et agréable. Assez rapidement nous prenons un peu de hauteur et voyons le coucher de soleil au loin entre les montagnes. Le parcours s’enchaîne et nous arrivons sur la première difficulté (pour moi du moins) : une poutre suspendue à 6m du sol entre deux roches. Un câble la longe pour relier nos baudriers mais je ne suis pas rassurée. Christian passe en premier, je le suis en prenant mon temps, pas après pas, surtout sans regarder le sol en contrebas. Le reste du groupe nous rejoint et nous poursuivons notre ascension avec des passages plus ou moins délicats et des prises clairement identifiées (barreaux, roches,…), parfois moins ! Je trouve cette activité plutôt agréable car nous sommes au sec, à gravir comme des aventuriers toujours en sécurité relative.

La passerelle !

La luminosité décline de plus en plus et nous poursuivons à la queue-leu-leu l’itinéraire tracé. Nous avançons encore, voici un grand pont suspendu devant nous, équipé de deux filins en acier plutôt bien tendus : pas de difficulté apparente.
Arrive une fourche indiquant un parcours « facile » et un autre « assez difficile »…

Je ne sais pas si vous connaissez notre guide, mais forcément la difficulté ne lui fait pas peur et il nous embarque sans broncher vers le chemin dit « assez difficile » appelé « le fer à cheval ». C’est parti pour une boucle horizontale à flanc de falaise. Et là…. le stress monte de plus en plus, le jour fait lentement place à l’obscurité, le parcours se corse au fur et à mesure de notre avancée et nous voyons de moins en moins clair. Je suis comme je peux le groupe,…voilà une deuxième petite poutrelle qui me remémore la précédente. Je la franchis assez aisément car elle est proche de la paroi à laquelle je peux m’appuyer, ce qui me rassure. Je sens que nous progressons dans cette boucle en fer à cheval quand, tout d’un coup le rythme ralentit… J’attends mon tour pour avancer et là je vois une poutrelle (beaucoup plus fine que les deux précédentes) et surtout beaucoup plus longue et plus haute au dessus du vide !

Le jour décline !!!

Toujours aucune lumière sur nos têtes et la nuit qui tombe de plus en plus. La peur me paralyse, je n’arrive plus à faire un pas. Voir ce vide devant mes pieds me tétanise. Il y a bien un câble de sécurité qui suit la poutrelle mais je le trouve beaucoup trop distendu à mon goût. Je ressens un manque de stabilité énorme, aucune prise pour me rassurer et me réconforter. A ce moment là je comprends que j’ai sûrement le vertige (quelques signes auparavant m’avaient déjà alerté) et aussi une grande fatigue après notre départ à 7h30 le matin même, les 5h de route et le canyoning tout l’après midi !

Je me calme, je respire longuement et je franchis enfin l’obstacle avec beaucoup de peine. Nous nous arrêtons tous ensuite un moment pour nous équiper (Il était temps !!!) de lampes frontales que nous avions embarquées dans un sac à dos : nous voyons enfin à quelques mètres devant nous. Le haut de la via ferrata est proche, encore un peu de dénivelé vertical et nous arrivons au sommet intermédiaire. Il fait nuit, aucun point de vue particulier mais nous savons tout ce que nous avons grimpé aux « douleurs » dans nos cuisses !

La poutrelle « mince »…

Deux solutions s’offrent à nous pour rejoindre le parking : continuer en via ferrata , seconde partie, pour ensuite redescendre par le reste du parcours pédestre, ou prendre dès maintenant le chemin de randonnée classique. Il est 21h30, nous choisissons raisonnablement la deuxième option et redescendons tranquillement aux véhicules pour aller dîner et installer notre campement pour la nuit fraîche qui s’annonce…auprès du Lac d’Alfeld.

Ce qui ressort de cette expérience bussenette , outre l’apprentissage aussi rapide que progressif du maniement des longes et des positionnements corporels les plus utiles, c’est que l’accoutumance au vide est extrêmement variable d’un individu à l’autre, et que l’appréhension est diversement dominée (parfois pas du tout dominée !!!) selon les dispositions d’esprit, l’environnement naturel, l’accompagnement humain, les conditions météorologiques et techniques…
Et, présentement, que la débutante active finit pas trouver en elle (soutenue par ses équipiers, de plus) les ressources nécessaires pour franchir l’obstacle, et en ressort « gagnante » donc méritante. Mérite qui profite à l’équipée d’ailleurs…car la réussite appartient à un ou une comme à tous et toutes.

La poutre…

 

Le fait d’aborder cette activité en conditions « limites » (horaire tardif, luminosité décroissante, météorologie menaçante, difficulté croissante…) mais raisonnables permet une progression accélérée, amène l’individu à puiser  plus loin dans ses réserves et capacités, et on bénéficie d’une via ferrata exclusive…personne ne gêne et on ne gêne personne !
De plus l’expérience est d’autant plus valorisante, et forge le caractère…car qui a pu le plus pourra le moins !

La redescente en promenade nocturne rajoutera encore à l’expérience vécue !!!
A la prochaine occasion, la seconde partie sera parcourue, on n’en doute pas ! 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *