Wildensteinois canyonisme

L'aventure et l'évasion

Wildensteinois canyonisme

12 avril 2019 Canyon 0

Wildensteinois canyonisme…avril 2019

Wildensteinois paysages autour d’un paisible petit village des Vosges, qui offre de belles perspectives avec son grand lac et ses reliefs boisés, tant en termes de randonnée pédestre, que promenades cyclistes voire vététistes, mais… offre aussi un canyon tout à fait honorable dans cette région de France qui n’en connaît guère.

Si le mois d’avril en cette partie orientale de notre pays n’est pas particulièrement favorable à la pratique de cette activité, températures de l’air et de l’eau plutôt « fraîches », l’accoutrement vestimentaire propre à SJV compense un peu, au prix d’une moindre aisance gestuelle.
L’équipe du jour, Gigi, Tételle, Koko, Daudo et Kiki, va s’engager dans le Canyon Wildensteinois, sculpté durant des millénaires par le torrent du Bochlock, dans son cours inférieur, peu avant d’alimenter le lac de Kruth-Wildenstein.

Le nord du lac près de Wildenstein

Ce petit canyon où l’on peut considérer 6 crans de descente sub-verticaux, dénivelle quand même 150 m, et accéder au départ implique un certain effort, matériel sur le dos ou dans les bras.
Cette descente présentant quelques équipements seulement, ou bien des broches provoquant des frottements de corde trop importants a été améliorée par la mise en place d’amarrages sur certains arbres, à base de cordes cerclées dotées de maillons de chaîne. Ces amarrages ne sauraient être garantis dans le temps, ils doivent être contrôlés minutieusement avant chaque nouvelle utilisation, et, en cas de doute, doivent être réparés ou remplacés. La responsabilité du « poseur » précédent ne saurait être engagée, trop d’éléments pouvant agir sur l’équipement amovible en peu de temps, notamment des actes de dégradation volontaires ou non, en sus du vieillissement physico-chimique. Par ailleurs, chacun a sa politique sécuritaire et les exigences qui en découlent, partant d’une analyse des situations et d’une évaluation des risques.

1,2 km d’accès en pente à 10/15 % !

Des travaux de bûcheronnage ayant été entrepris, un arbre particulièrement utile à la descente de la cascade finale ( 25 m théoriques) n’existe plus…une paire de broches au-dessus permet un amarrage de qualité mais il s’ensuit un gros frottement 3 ou 4 m

plus bas, nécessitant un aménagement adéquat ou bien un débrayage régulier évitant le frottement persistant sur une même zone de la gaine

Les lecteurs étant bien avertis de ces détails techniques, laissons la parole à Koko :

Direction : village Wildensteinois où après 5 h de route nous arrivons pile à l’heure prévue 12h30.
Nous découvrons, posés au sol, 4 paquetage parfaitement alignés avec chacun notre matériel prêt à l’emploi. 
Nous prenons le temps de déjeuner et à 13h30 nous enfilons des vêtements légers pour ne pas charger les sacs à la descente, ainsi que nos chaussettes en néoprène dans nos bottes.

On s’équipe !!!

Départ pour 30 minutes de montée dans la forêt où nous longeons la rivière que nous sommes censés descendre. 
Kiki tout fier de lui et riant d’avance de ce qui nous attend, nous fait entrevoir les cordes de descente qu’il a installées le matin. 
Nous comprenons alors que la cascade au départ de la marche d’accès sera la dernière et la plus impressionnante avec ses 25 m de hauteur. 
 
Arrivés enfin à notre point de départ, commence notre première épreuve… Enfiler les combinaisons néoprène.

Et non, l’objectif n’est pas de faire de la plongée sous-marine mais de nous protéger du froid du torrent Bockloch

Bockloch

Wildensteinois !

Il ne faut pas oublier que nous sommes début avril dans les Vosges avec encore de la neige à 1000 m…
 
Une fois engoncés là-dedans il nous faut encore enfiler nos combinaisons de spéléo pour protéger les autres combinaisons des frottements. 
Et enfin nos baudriers de spéléo avec nos descendeurs…car pour des raisons techniques, nous n’utiliserons pas les descendeurs en « huit » usuels.
Heureusement Kiki est là pour nous aider, nous soutenir et se moquer gentiment de notre maladresse. 
Au bout de 30 minutes environ de préparation, nous voilà enfin à pied d’œuvre pour cette descente. 

Cascade 15 m

 
Nous recevons les consignes de sécurité : attention tout glisse :les rochers, les algues… quant aux bouts de bois c’est encore pire !
Chacun descend à son tour et assure le suivant. 
Si on descend sur les fesses, se tourner de 3/4 avec une jambe pliée pour guider-freiner et l’autre allongée pour freiner au final et éviter de partir tête en avant.
Gigi, lui, passera en dernier pour défaire les cordes au fur et à mesure. 
 
Arrivés devant la 1 ère cascade… Nous sommes déjà bien impressionnés. 
Daudo descend la 1 ère à la suite de Kiki. Elle a l’air d’être comme un poisson dans l’eau. 
Tételle se harnache et…. moment de solitude pour elle… la peur l’envahit !
La descente va se transformer en épreuve initiatique pour passer au-dessus de la peur…. Chaque cascade la fait trembler…. Mais à chaque fois, elle descend… Nous la rassurons et la soutenons le plus possible… On ne sait jamais à quel moment cette intruse qu’est la peur peut venir chatouiller l’un ou l’une d’entre nous.

Tételle !

 
Puis mon tour vient.. Je descends la 1 ère cascade… Et je prends un bain bien froid en chutant dans le torrent… L’eau s’infiltre sous la combinaison en passant par la capuche pleine d’eau. 
Mes bottes se remplissent aussi… Je suis gelée… Mais heureusement avec le néoprène, cette sensation ne dure pas et je retrouve vite un certain confort bien que très mouillée. 
J’assure Gigi qui me rejoint avec une facilité déconcertante. 
Nous restons ensemble pour détacher les cordes. 
Heureusement, Kiki à tout prévu et il y a un système spécial pour que les cordes soient libérées  et récupérées. 

Koko !

 
Le hic est qu’à un moment nous avons mal compris la consigne… Et la corde n’a pas voulu descendre… Nous avions oublié d’enlever un mousqueton !!!
Du coup, Kiki à été obligé de remonter les 15 m de cascade pour défaire le bazar. 

Point de vue

 
Engoncés dans nos combinaisons et notre matériel, sans compter notre prudence, la descente est longue et laborieuse…. Mais nous sommes bien, et heureux d’être là… 
 
Arrive enfin la plus impressionnante cascade du parcours et le point final de cette  ère aventure de notre week-end. 
Kiki descend le premier. Puis Daudo suit sans soucis. 
Vient ensuite le tour de Tételle qui bien qu’épuisée par le stress descend celle-ci avec une certaine facilité. 
Avec Gigi, nous installons la dernière corde de rappel pour récupérer le matériel quand tout le monde sera en bas. 

Daudo !

Gigi !

Je commence la descente.. Sans regarder en bas, me méfiant toujours de mon vieil ami le vertige et aussi pour ne pas voir le « public » de touristes intéressés par nos manœuvres.

Cette descente me paraît interminable, tout en me sentant au nirvana de vivre cette expérience… 
J’arrive enfin en bas, Gigi peut descendre à son tour, avec grâce et élégance, comme Kiki. 
Pour récupérer les cordes c’est Kiki qui s’y colle car il a installé un sac sur la paroi pour éviter de couper la corde sur une arête marquée, ce qui aurait pu être dangereux pour nous. 
En faisant cette descente nous prenons conscience du temps que cela lui a déjà pris de tout prévoir au départ pour les longueurs de cordes, de porter tout le matériel, et de l’installer… Pour notre bon plaisir. 

Cascade 25 m

Nous marchons alors un peu le long du Lac de Kruth en pays Wildensteinois

Arrivés aux voitures, se déshabiller pour se mettre au sec est aussi éprouvant qu’au départ…
Nous sommes enfin changés et au sec à 18h30…. Départ pour Bussang où nous attend maintenant une via ferrata….
 

Le lac !

Cette activité aura nécessité 5 heures…dont 1/2 heure d’approche, 3/4 d’heure d’équipements personnels, au moins, 1/4 d’heure de retour tranquille, et 3h et demie de descente ! Le temps passe si vite….
Canyon Wildensteinois sans aucun saut ni toboggan réel, 5 ou 6 cascades fortement déclives, 2 cordes de 25 m ou une de 50 m en technique Canyon.
Tous les obstacles ont désormais un équipement d’amarrage (broches ou plaquettes ou cerclage d’arbre) sauf le second où un rappel peut être posé directement sur un arbre très incliné qui le précède.
Le temps normal de descente pour une équipe autonome de 5 personnes est de l’ordre de deux heures.

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