Les étroitures des Bruyères 259

L'aventure et l'évasion

Les étroitures des Bruyères 259

21 décembre 2019 Randonnée Spéléologie 0

Les étroitures des Bruyères  259

Pour les spéléologues, et, plus rarement, pour les subterranologues, devoir franchir des passages étroits reste une situation fréquente, ce qui suppose un peu de technicité, et un entraînement physique et mental pour une pratique à la fois plus sûre et plus efficace…donc plus agréable.

Exemple de passage étroit en cavité naturelle

Il existe pour cela un parcours « officiel » connu et reconnu, situé près du village de Le Puiselet dans le sud du département 77, à 90 km de Villeparisis. Pour un parcours qui se pratique en une heure environ, cela fait beaucoup de route et de temps , même si on peut faire d’autres activités une fois sur place.
Le club SJV s’est donc donné pour objectif de créer un parcours qui serait plus proche, ce qui fut fait en l’an 2000 vers Ermenonville. Cette réalisation comptait alors 18 passages dont certains dits « sélectifs ».
Ce parcours resta à usage confidentiel jusqu’en 2003 puis connut des fréquentations plus importantes notamment avec deux groupes scolaires, ce qui fut l’occasion de le réaménager, nettoyer, et de le baliser de façon originale.
Le club SJV s’étant en effet interdit d’apposer des inscriptions à la peinture ou gravées dans les rochers, ou d’utiliser des marques permanentes en matières polluantes s’inspira de la légende du fil d’Ariane, et s’ingénia à décrire l’itinéraire par une ficelle agricole continue du début à la fin, évidemment récupérable dans son intégralité à l’issue de l’animation.

En 2012, une opération de dépollution généralisée au site et non pas seulement aux étroitures, ainsi qu’une extension à 30 passages furent réalisées. Une tentative de faire officialiser ce parcours, avec l’assentiment de la FFS, fut menée, hélas sans succès à cause de la complexité administrative (les parcelles de terrain étant privées bien que gérées par l’ONF) et de questions de responsabilités des uns et des autres.
Ce site d’entraînement conserve cependant tout son intérêt, la diversité des passages, sa proximité du siège de SJV (30 km) , son environnement forestier en faisant un « outil » de formation de qualité.

Ces 30 étroitures peuvent en effet être « tentées » en avant comme en arrière, et dans les deux sens ce qui crée de fait 120 passages potentiels. Certaines restent difficiles, et les gabarits au-delà de 1,75 m et 70 kg ne peuvent espérer les franchir toutes qu’au prix d’efforts considérables et/ou de quelques éraflures et ecchymoses de compression…ou devoir renoncer dans quelques cas « extrêmes ».
La grande majorité se passent sur un lit de sable plus ou moins agrémenté de blocs de grès, et sont dépourvues de végétaux ou animaux indésirables (ni ronces ou orties, ni châtaignes, ni araignées ou reptiles…etc.).

Par expérience, deux heures peuvent être nécessaires pour un parcours complet sauf pour les enfants et adultes de petite taille et sveltes pour lesquels la difficulté est bien sûr atténuée, et la progression bien plus rapide si la motivation est là !
Il peut être judicieux de coupler l’activité « étroitures » avec une varappe (plusieurs rochers balisés par les grimpeurs) et avec une randonnée pédestre ou vététiste.
Ce circuit a été testé et rafraîchi par Gigi et Coco et il en ressort les constatations et conseils suivants :

  • Un (e) ou plusieurs imbéciles irresponsables ont peinturluré d’énormes chiffres et flèches sur les rochers pour baliser un parcours du combattant. Certaines des marques invitent à passer par des étroitures, elles ne sont évidemment pas liées à SJV qui déplore cet enlaidissement stupide du site, et condamne la pollution chimique de l’environnement ainsi que leurs auteurs.
  • Les pollutions « classiques » se sont révélées très faibles, presque rien n’ayant été ramassé par nos soins, quelques canettes de bière et rares emballages alimentaires tout au plus, ce dont on ne peut que se féliciter.

  • Les usagers des étroitures ont intérêt à être vêtus sur tout le corps, de vêtements minces, résistants à l’abrasion, et si possible d’une texture fine peu adhérente. 
  • Le sable plus ou moins noirâtre, les rochers verdâtres, teintent les habits en profondeur, les rendant quasi irrécupérables dans leurs couleurs d’origine…il vaut mieux être habillé de sombre et d’effets auxquels on n’attache pas de prix.
  • Il n’est pas indispensable de porter un casque, ce dernier pouvant même se révéler une gêne, voire un danger en cas de reculade forcée dans certaines étroitures dites « sévères ». En contrepartie, il faut bien contrôler ses mouvements, sinon les bosses se multiplieraient rapidement !
  • Il est prudent de nettoyer les passages des feuilles mortes et branchettes qui s’y accumulent inévitablement, pour faciliter le franchissement et s’assurer qu’il ne s’y trouve pas aussi des débris de verre, cailloutis anguleux ou autre objet désagréable, et donc d’être doté d’un petit matériel adéquat (gants , truelle, petit piochon )
  • Il n’y a pas d’eau dans un large rayon, et pas d’abri hormis de gros arbres éloignés. La plupart des étroitures qui procureraient un « toit » sont aussi des points bas où s’accumule rapidement les eaux de ruissellement…
  • Certaines étroitures méritent de ne pas être tentées seul(e) si on est un peu « fort »(e) car en ressortir seul(e) peut s’avérer compliqué, ceci parce que les habits peuvent se retrousser et former un verrou ou encore parce que les efforts de poussée avec les pieds créent des bourrelets de sable qui rétrécissent le passage ouvert à l’aller…

  • Attention aux tentations de créer de nouveaux passages ou d’élargir des existants, ne pas s’y risquer sans être compétent d’une part, et sans saper le sol sous les gros blocs : dangereux et délictueux car la déstabilisation des chaos rocheux est désormais une atteinte à l’environnement.

 

 

 

Tout ceci permet une activité très bénéfique aux pratiquant(e)s car le travail d’analyse visant à trouver les meilleures postures, puis le travail physique parfois intense, ajoutés à la gestion mentale face à telle ou telle difficulté durable, à la maîtrise respiratoire, à la spatialisation « à l’aveugle » sont des éléments très formateurs.


Leurs bénéfices vont bien au-delà des seules pratiques d’activités physiques sportives, ils s’appliquent aussi à la vie courante personnelle, familiale , sociale et professionnelle en participant, même très modestement,  à l’équilibre et à l’harmonie des individus.
Franchir des étroitures peut apprendre à voir plus large…!

 

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