Mur mystérieux de souterrain…(3) 378

L'aventure et l'évasion

Mur mystérieux de souterrain…(3) 378

2 février 2021 carrières diverses 0

Mur mystérieux de souterrain…(3)          378

Pour ce troisième épisode ( voir 1 et 2 dans l’article 376), de petits préparatifs furent nécessaires.
Si, dans les précédentes opérations, un burin, une pointerolle une massette et un petit perforateur aux batteries vire mangées avaient été au programme, on passe cette fois à une pointerolle bien plus longue, un perforateur plus costaud, et surtout, une barre à mine de 1,5 m (6 kg) et de quoi la monter en balancier…
Car vu la profondeur à creuser, la dureté de l’ouvrage, il faut un outil long et lourd.


On va s’inspirer pour cela d’une méthode de carrier du calcaire, avec sa lance sur affût (voir illustration), mais comme il n’est pas réaliste de construire un affût classique , ce sera une double suspente souple.
Simple d’installation ( deux crochets de fer à béton et un lien souple), matériel léger et gratuit de récupération, ce montage est réglable en hauteur et en profondeur de frappe, ainsi qu’en positionnement latéral.

Mais voyons l’affaire du jour de la première minute à la dernière…
Départ 6h30 car il faut arriver à la nuit, l’accès aux lieux n’étant pas exactement autorisé, mais surtout, la discrétion s’imposant pour protéger le site de visites indésirables, souvent sources de dégradations, voire parfois d’incidents (égarements) ou d’accidents toujours regrettables pour les victimes comme pour l’accessibilité future des sites.
La marche d’approche avoisinant 1 km avec de bonnes dénivelées, on évite le port de la barre à mine en la déposant au plus près de la cavité, sur un bord de route, de nuit, donc.
Puis, parcage de voiture en un lieu « anodin », et marche nocturne jusqu’à la cavité, avec récupération de la barre plantée au sol à proximité.


Désagréable entrée par un « trou de blaireau » boueux à non-souhaits…et ce sont 500 m à parcourir pour gagner l’accès vers le mur mystérieux…accès peu commode ayant nécessité la confection d’une échelle spéciale, très étroite, réalisée pour la première action.
C’est que la voie vers le mur emprunte une petite cheminée ouvrant au ciel d’un tunnel, à 2,5 m et haute de 3 mètres, avec un goulet d’entrée dans lequel ne passe pas tout le monde…

Avant de s’y lancer, une amélioration de ladite échelle sera effectuée en multipliant des barreaux car trop espacés à l’origine, les « grands » ne pouvant pas plier suffisamment le genou pour passer d’un degré au suivant !
Sac et barre devront être hissés avec une corde à nœuds (du fil de téléphone en l’occurrence, on recycle, on recycle…).
Le souterrain est là, orienté à 100°, 3 m de largeur, environ 1,5 à 2 m de hauteur sous une superbe dalle sombre très lisse avec une forte inclinaison (pendage des strates anormal ici) de l’ordre de 20%.
Cette dalle est faite d’un seul tenant, d’une marne brunâtre calcareuse indurée, susceptible de délitement, mais qui n’inspire pas d’inquiétude particulière.


Il suffit d’une dizaine de mètres pour être « au pied du mur »…et là, ce n’est pas pour connaître le maçon mais le démolisseur !
L’ouverture amorcée est restée telle quelle, personne ne s’est fatigué à l’approfondir en notre absence …sourions !
La pose de la barre est rapidement menée, et commence le travail, à coups de perforateur, de burin et…de barre , donc !
Comme déjà indiqué dans l’article 376, les roches utilisées et le mortier de liaison résistent particulièrement bien, et il faudra 4 heures avant que, enfin, le premier coup de perforateur tombant dans le vide soit connu.
Ce perçage révélateur sera répété avec succès…on est déjà à plus de 1 mètre d’épaisseur !
Bien sûr il a fallu élargir et rehausser, ce qui a demandé pas mal d’énergie et de temps, car la frappe de barre doit être précise à 1 cm près au risque de ne servir à rien d’autre qu’effriter la roche ou s’amortir sans effet dans un mortier.
Le réglage de la profondeur de frappe est réalisé en faisant coulisser la série de spires, celui de la hauteur en ajoutant ou retranchant une ou plusieurs spires, celui de gauche à droite en faisant pivoter la barre vers l’une ou l’autre de suspentes…
On peut aussi régler la force de frappe par inertie selon l’ampleur du balancement.

Enfin, il suffit de retourner la barre pour user soit de l’extrémité « pointerolle » soit de celle « burin plat »

Le tas de déblais grandit, car on en est à un volume quasi-plein de près de 0,4 m3, environ 1 tonne quand même , et il faut aussi gérer leur élimination.

Premier orifice « oculaire » 10 x 20 cm environ

On ne sent pas de courant d’air dans les trous percés…ce qui est troublant.
Les derniers vingt centimètres ne sont pas les plus simples, blocs plus gros et bien encastrés les uns dans les autres, très bien scellés, travail de plus en plus difficile à bout de bras, progression très lente mais le moral tient bon…la face arrière du mur est bientôt atteinte…
Il faudra encore une heure d’un travail très dur, et usant pour le dit bon moral, avant d’arriver à créer un passage « oculairement praticable ».

Ce dernier livre le paysage restreint d’un monticule terreux, allant jusqu’au plafond…de quoi être déçu !
D’aucuns auraient sans doute lâché les manches d’outils, mais ce n’est pas le cas présentement…une bonne heure encore pour élargir tout ça afin de voir mieux et plus loin.

Elargissement…du passage

Tunnellisation…

Et là, sur la droite, contre le mur, apparaît un vide laminaire de 5 à 10 cm en sous-face de la dalle de ciel…ce vide irait-il en s’accroissant si on va un peu plus en avant ?
Pour le savoir, il faut tunnelliser…Encore une heure de frappe pour obtenir un passage d’homme au travers du mur , qui sera aussi suffisant pour évacuer les déblais de creusement du tertre.
Bigre ! Si le fouissage n’est pas trop difficile, l’évacuation des terres grumeleuses et caillouteuses réclame pas mal d’énergie, le travail se fait en tee-shirt, qui sera bien « mouillé » !
Les petites mottes s’éboulent des côtés du tunnel et viennent s’immiscer entre le corps et le sol à ramper…hmmm ! 

Là, oui…un vide plus important…Oui !

C’est surtout à chaque reculade que ces vilaines s’incrustent dans la chair !
Bientôt, trois mètres un peu sinueux sont passés, et un vide plus grand semble se dessiner à l’horizon, qui, bien que très court, est un horizon, donc une suite potentielle.
Malheureusement, les chiffres du cadran de la montre commencent leur dictature sous couvre-feu…mais le mur a livré son secret…

 

 

Non, ce n’est pas une galerie inédite des « inventeurs » du XXIème siècle.
Non, ce n’est pas l’isolement d’un réseau karstique à protéger ou pour s’en protéger
Non, ce n’est pas une planque de butins divers que leurs auteurs n’auraient jamais pu revenir chercher
Non, ce n’est pas la tombe clandestine de soldats allemands des années quarante
Non, ce n’est pas non plus celle de victime(s) d’actes sordides dans le cadre d’un crime voulu « parfait ».
Non, ce n’est pas le Trésor des Templiers ou équivalent historique
Non, ce n’est pas un barrage anti-boues liquides
Non ce n’est pas une cache d’armements, d’explosifs, remontant à la seconde guerre mondiale

Non…ce qui se cachait derrière le mur mystérieux, au-delà du tas de terres indésirables des carriers, c’est…un autre mur !
Un autre mur bâti par l’autre côté…ce qui fait de ce rempart un double-mur enfermant  environ 14 m3 de déblais !
Du coup, le vrai mystère est maintenant translaté derrière le second mur !
Encore un joli programme ouvrier en perspective…MUR BIS !

Mais on en sait maintenant davantage tout de même :
– Le MUR UN a une épaisseur de 1, 25 mètre environ
– Il a bien été bâti du côté par l’Ouest qui est une extrémité terminale de galerie, laquelle débouche sur la cheminée d’accès.
– Un amas de terres a été réalisé contre lui, après quoi un second mur a été monté, en travaillant du côté ouest cette fois…
– C’est donc qu’une galerie existe derrière ce second mur, filant vers l’Est ( 100°)…et sa longueur libre ainsi que ses possibles contenus restent à découvrir.
– Cette galerie est une preuve supplémentaire de l’existence d’un réseau d’altitude supérieure à celui déjà exploré, un autre réseau donc

Belle karstification…

 

Par ailleurs, une observation plus attentive des bouts de galerie accessibles montre de nombreuses marques d’érosion/corrosion de type karstique, et une structuration chaotique des strates, très fragmentées, contournées, en sus d’un pendage important. (???)
Il y aura donc un quatrième épisode, au moins… !
Le mystère s’épaissit, avec Mur Bis…sera-t-il d’ailleurs plus épais que Mur Un ?
(Rien à voir avec Murin, petite chauve-souris) 

 

Nouvelles recrues chez S.J.V….ils pompaient, ils creuseront !

 

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