24 heures au Sablibum de Puiselet 522

L'aventure et l'évasion

24 heures au Sablibum de Puiselet 522

22 mars 2022 Spéléologie 0

24 heures au Sablibum de Puiselet      522

C’est un petit coin bien connu, très fréquenté,  peut-être trop, mais en dehors des mois tièdes de l’année, on peut encore y trouver une grande sérénité.
C’est la chance que nous avons eue à la mi-mars, avec en prime, un soleil radieux et une nuit de pleine lune sans nuage.
24 heures de 10 heures à 10 heures, approximativement, bien remplies, mais sans excès.
On commença par des préparatifs pédagogiquement menés, pour deux binômes évoluant séparément.
Gigi et Nico, quasiment autonomes sur corde et équipeurs occasionnels feront une voie « nord », Toto et Kiki une voie Ouest, plus facile.
GigiNico partent d’un arbre fracassé par le vent, du fait que la sécheresse a eu raison de lui…dommage, car ce beau spécimen de pin colonisateur de platière a servi des décennies de départ de main courante et fournissait une ombre agréable par les chaudes journées d’été, quand il y avait une attente au sommet du rocher ! Dommage pour lui aussi…

Mais ce qui reste de cet arbre est encore bien solide, et un double amarrage sur sangles avec un « Bunny » bien réglé fera l’affaire.
La suite se déroule dans une grosse fracture de roche, où des broches scellées et des plaquettes à visser permettent une progression aisée, moyennant mousquetons et nœuds sciemment variés, dont Batelier, Polonais, Huit sur ganse.
Le Polonais sera nouveau pour le binôme, qui en découvrira tous les avantages, mais aussi son principal inconvénient : il prend beaucoup de place dans le mousqueton ! Trois passages de corde…au lieu d’un pour une ganse simple.
Puis c’est le plein vide, qu’un nouveau Bunny confortabilisé par un mousqueton d’oreilles va initier pour une jolie tête de puits améliorée par une pédale de franchissement bienvenue. Seul l’angle des oreilles sera un peu trop obtus.
La descente sera ponctuée de trois fractionnements, dont deux en appui sur paroi sans prises de pied, et un en bordure d’arête de surplomb.
Ce dernier, un peu plus technique et peu confortable à installer sera effectué sur des chevilles en face supérieure, ce qui n’était pas satisfaisant au regard des frottements forts qu’il imposait.
Une reprise avec deux chevilles en sous-face, avec la pose d’un anneau TSA et d’une plaquette Clown, permettra d’optimiser tout cela.
Et ce sera le sol pour cette première voie GigiNico.

TotoKiki, de leur côté, ne chôment pas pour autant, bien que moins rapides du fait d’un quasi-noviciat en termes d’équipement de voie, et d’une petite appréhension bien compréhensible avec 10 mètres de vide.
Ça a commencé par un début de main courante paisible, Bunny asymétrique sur deux plaquettes coudées orientées, rien de compliqué.
Puis le cheminement est en vire facile, avec deux amarrages ordinaires, et nœuds de Batelier.
Vint alors un passage encombré de végétation rigide, et dans lequel plusieurs chevilles ont été neutralisées…ce qui amenait une exposition plus importante au risque, bien que la vire restât assez facile.
Afin d’équiper « sécuritaire », il faudra alors aller chercher un amarrage situé loin en hauteur, avec plaquette, et un choix entre une sangle de liaison ou un nœud Papillon réglé à bonne distance voire un Nœud de huit sur ganse, réglée elle aussi.

Deux autres amarrages plus loin dont un à distance à nouveau,  et un facile sur broche scellée, on atteint la tête de verticale.
Il ne reste qu’une cheville utilisable, heureusement peu distante de la broche, on y installera plaquette coudée et Nœud de huit sur ganse, pour un départ en léger dévers positif suivi d’un bombement qui va imposer un premier fractionnement.
La seule cheville utilisable, un peu trop haut placée, impliquera l’usage de deux mousquetons pour éviter le frottement du nœud. Tout cela sera réalisé avec une belle boucle de corde pédalière, avant de repartir…
Et là, c’est la bonne surprise, il manque 5 m de corde pour aller en bas !
Toto va devoir installer un nouveau fractionnement, avec raccordement de corde (prévu quand même !) effectué dans les règles…boucle pédalière (qui sera bien trop courte, faute de corde) sur corde précédente, Nœuds de huit sur ganse entrelacés sur le mousqueton, dûment vissé bien sûr !
C’est alors la dernière descente jusqu’au sol. Pas mal !
On n’est pas loin du déjeuner, par un temps d’une grande douceur…

A la reprise, GigiNico vont mettre en place une seconde voie, qui va nécessiter un départ très haut sanglé dans un arbre éloigné, puis une succession de quatre amarrages faciles à installer à coups de plaquettes coudées et de nœuds de batelier, jusqu’à l’approche du vide immédiat, où les choses se corsent un petit peu… la tête de puits est sous un surplomb, son approche nécessite un amarrage en arrachement, deux belles broches étant heureusement déjà là !

Une pédale de franchissement et un joli Bunny mousquetonné dans les oreilles vont à nouveau faire l’affaire, et la petite descente de 6 ou 7 mètres va couronner le parcours intégralement posé par Nico.
Pendant ce temps, TotoKiki ont effectué une première montée sur bloc avec amarrage provisoire sur plaquette avant d’atteindre deux grosses plaquettes en inox brochées en 10 mm qui servent de tête de puits quand on évolue dans l’autre sens.
La suite est une jolie vire un peu bombée sans difficulté qui initie très bien à l’installation d’une main courante rectiligne, avec une succession de plaquettes et de nœuds adaptés, Batelier, Huit sur ganse, Papillon, Chaise, pour arriver à deux anneaux de levage de 10 mm…réputés interdits d’utilisation pour levage des personnes, en l’occurrence des modèles zingués ordinaires, calibrés à 230 kg de charge verticale…c’est bien peu rapporté aux cordes vendues pour plus de 22 kN (2200 kg) !
Mais, sans à-coups, c’est encore 3 fois la masse moyenne d’un homme, et la charge nominale est toujours en-deçà de la tenue réelle…Allons-nous les utiliser ?
Là encore, la toute proximité d’un amarrage fiable va jouer car ce sont seulement 60 centimètres de corde susceptibles de « sauter » en cas de rupture de ces anneaux, donc une chute pendulaire de 60 centimètres de hauteur sur autant de déport, tout à fait acceptable, au cas où, car on reste en « facteur 1 » !
La descente est donc décidée dans ces conditions « limites » au regard des normes, mais vraiment pas inquiétantes au regard du contexte, et sans choc envisageable, aucune raison objective de voir ces anneaux se briser ! Un peu de rationalité ne nuit pas…
Les deux équipes réunies après ces secondes voies, et à l’issue une courte pause, on décide de déséquiper en croisant les voies (et non pas les doigts !) ce qui se passera très calmement, sans difficulté notoire, ni d’un côté ni de l’autre…ce qui ne signifie pas que ce fut facile !
Un rangement dans les règles permettra de regrouper tout le matériel dans la voiture.
On va alors passer à un amusement différent…
Il existe depuis plus de 20 ans un parcours fléché qui amène à circuler entre de gros blocs de grès chaotiques, dont l’amoncellement a créé des passages de toutes formes, toutes tailles, plus ou moins pénétrables selon les corpulences et la souplesse.
Ce parcours n’étant pas souvent pratiqué et son balisage à peine entretenu, il en résulte quelques inconvénients (ou avantages selon les avis).
Le seul inconvénient selon nous, est l’accumulation de déchets végétaux dont bogues de châtaignes piquantes, et le risque de rencontrer des déchets dangereux, dont verre cassé, enfouis dans les feuilles mortes.
Les avantages sont une tranquillité à peu près garantie, et la nécessité d’être très observatrice ou observateur pour ne « rater » aucune balise.
Dans le cas de « ratés », l’avantage devient celui de favoriser une improvisation et de se créer des bouts de parcours inédits !

 

Ce circuit devient évidemment bien plus délicat, salissant, glissant, s’il a plu récemment et/ou abondamment, parties boueuses et/ou inondées en flaques d’une eau noirâtre !
Implique un habillement adéquat, toute surépaisseur pouvant gêner, bras et jambes devant cependant être couverts pour éviter des brûlures et râpures par frottement. Le port d’un casque paraît facultatif, et susceptible de compliquer certains franchissements.

Bien sûr, toute étroiture est contournable si jugée trop difficile, et le temps à consacrer à ce parcours modulable est donc non-imposé. En l’occurrence, toute l’équipe s’en est très bien sortie…
Une heure ou deux peuvent y passer très vite… !
Puis est venu le temps du repos (relatif) en se préparant à un bivouac (et non pas un campement) du crépuscule vespéral à celui matinal.

Et bien sûr sans feu de bois, malgré l’abondance de ce dernier bien sec un peu partout et un risque zéro de bouter le feu vu l’étendue de la zone sableuse et l’absence d’un vent fort…
Le temps de faire un saut en voiture pour acheter confitures et Nutella oubliés pour garnir les crêpes, et on passe à un petit cours de nœuds…
La série est banale, mais l’expérience montre que ça doit être régulièrement réinjecté dans le cerveau…vu que la pratique de terrain reste assez peu fréquente !

Donc on répète…Huit simple, Huit sur ganse, Bunny, Huit sur ganse à tricoter, Huit sur ganse triplé pour raccordement de corde sécurisé.
Batelier, Papillon, Simple, Capucin, Capucin renforcé (3,4,…) Pêcheur simple, Pêcheur double, Chaise simple, Chaise sur ganse, Polonais, Russe,
tout cela sachant que même à l’EFS, il se dit qu’avec 3 ou 4 nœuds bien connus et bien réalisés, on peut tout faire. (Quasiment).
Mais c’est divertissant et ça travaille la mémorisation !
Une petite partie de crêpes « surprise » avec un camping-gaz semi-enterré dans le sable, et c’est parti pour 10 heures de lit de camp avec doubles duvets…quel luxe dans ce club SJV !

 

 

 

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