Montguichet : le Puits Couvert 614

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Montguichet : le Puits Couvert 614

4 janvier 2023 carrières diverses Carrières Gagny 0

Montguichet : le Puits Couvert  614

Ce puits des Carrières de l’Est gabinien est le septième de notre petit inventaire.
La zone de Montguichet compte encore 8 puits ouverts aux deux extrémités
Il est probable qu’ils soient détruits à court terme, soit pour des raisons sécuritaires, soit par effondrement., ou encore par malveillance voire par simple amusement.
Nous avons donc souhaité en établir une mémoire descriptive, modeste témoignage pour ces structures creusées et maçonnées à main d’homme, qui ont aéré, irrigué et/ou desservi les carrières de seconde masse, tant pour les carriers que pour les champignonnistes.
Avant qu’ils disparaissent peu à peu, ces petits descriptifs pourront aussi servir à des visiteuses et visiteurs cordistes qui aimeraient les descendre, les remonter, les observer de l’intérieur.
Mais…attention : tous sont DANGEREUX, certains TRES DANGEREUX, tous étant générateurs de chutes de pierres et/ou d’éléments métalliques ou encore d’éboulements.
Tous sont en milieu péri-urbain très proche, fréquenté par de nombreuses personnes, dont beaucoup d’adolescent(e)s, et une certaine prudence s’impose, le risque de malveillance sur le matériel, de vol, ou de projection d’objets divers dans un puits visité, n’est pas nul.

Tous débouchent dans des carrières abandonnées depuis des décennies, sans aucun entretien ni aucune surveillance, plus ou moins dégradées et déstabilisées, c’est à dire elles aussi dangereuses !
Diverses précautions s’imposent donc, même si la probabilité de survenance d’un incident ou accident reste très faible.
Enfin, les huit présentations (dont la présente est la septième) de ces puits ne sont pas une incitation ou invitation à aller dans ces puits ni à s’en approcher de trop près. Elles sont indicatives, informatives, et SJV ne saurait être tenu pour responsable en cas d’accident qui surviendrait dans ces cavités verticales détériorées.
Toute tentative de visite physique est et reste sous la seule responsabilité des cordistes qui s’y lanceront, réputé(e)s suffisamment compétent(e)s (voire expert(e)s) et en bonne condition physique pour s’y engager.

Aux fins d’honorer le passé et les promoteurs historiques de ces carrières, un bref retour en arrière…
Il existe des éléments attestant de l’exploitation primitive dès l’époque Gallo-romaine c’est à dire dès le premier siècle après Jésus-Christ…
Jusqu’au XVIII ème siècle, cette activité de carrier est restée limitée, et n’était qu’à ciel ouvert.
Dès le début du XIX ème, les choses ont changé, et se sont fortement amplifiées avec l’ouverture de la gare de Gagny
Puis lorsque la Ville de Paris a décrété la fin des carrières à ciel ouvert sur son territoire, la banlieue Est a pris la relève et ce fut l’essor des exploitations un peu partout.
Monguichet passa alors par une suite de propriétaires :
1794/1808 Jacques Saint-pierre (d’où l’appellation « carrières Saint-Pierre »)
A cette époque existaient déjà deux grand fours à plâtre et un petit canal qui allait jusqu’à Gournay (La Marne)
1808/1829 Baron D. Roger qui fit construire un château.
1829/1882 Baron E. Roger (fils du précédent)
1882/1895 Général Humman avec création d’une ligne ferrée vers la plâtrière
1895/ 1921  Société des Plâtrières du Bassin Parisien (SPBP)
1921/1939….1950 Poliet et Chausson avec activité perturbée et irrégulière de 39 à 46.
Les carrières de première masse sont donc livrées à elles-mêmes depuis 70 ans…elles deviennent très dangereuses, la quasi-totalité des soutènements en bois et plusieurs de ceux en fer ont disparu ou sont « pourris »

Parallèlement et au-delà de 1950, il y a eu des Champignonnistes, notamment la famille Zinetti
Production dés 1880 et fort développement jusqu’en 1960/70 puis un lent déclin et fermeture définitive en 1992
Les carrières de seconde masse ne sont donc plus entretenues depuis 30 ans, ni techniquement surveillées, d’où leur dégradation et leur dangerosité.

LE PUITS COUVERT.    Coordonnées :  48.8795   X  2.5563   X   67,5 m

Accès : du bout de la Rue Jean Bouin, parcourir environ 145 m et le trouver sur à gauche, à une dizaine de mètres.

Cet accès est régulièrement obstrué par des bardages vissés (ce qui, évidemment, se dévisse facilement…) plus ou moins durables et, si nécessaire, il est facile de contourner (rue du 18 juin  puis rue des Sablons puis à gauche dans la rue du Vieux Chemin de Meaux)  par une ouverture laissée volontairement, et sise face à l’extrémité Nord du Collège Théodore Monod.

 

Description extérieure :
C’est un édicule carré de 2,5 m X 2;5 m et haut de 2 mètres environ, couvert de barres de fer rond scellées, doublement grillagé au plafond.
Beaucoup de lierre mais la face de l’entrée est plus dégagée, très visible du chemin.
Le puits principal est invisible.
Il ne faut pas espérer s’y mettre à l’abri de la pluie…mais pour la neige ça serait efficace, malgré tout !

 

 

 

Description intérieure.
L’espace est dégagé et trône un puits cylindrique annexe de 1,5 m de diamètre extérieur pour 1,2 m intérieur, doté d’un parapet en parpaings, de 70  cm de hauteur.
Ce puits dénivelle 3 à 3,5 mètres car son palier est pentu et donne sur le puits principal par une large ouverture de 80 x 180 cm
Cette dernière était protégée par deux barres métalliques dont il ne reste que des moignons dans les parois.
Il persiste 4 barreaux métalliques, dont un rompu par l’oxydation, qui ne permettent pas de ressortir du fait de la rehausse.
Les barreaux inférieurs restent relativement résistants, et peuvent suffire à une déviation, faute de mieux.

 

 

Le puits principal a un diamètre de 1,2 m, et son sommet est occulté par des plaques bâchées sur plusieurs rails, eux-même disposés sur une petite maçonnerie très soignée, il est donc borgne.
Les 3 premiers mètres sont enduits de ciment taloché, ses parois étant donc très lisses. On y trouve une petite broche posée à force, qui n’est donc pas scellée, et ne peut servir qu’à poser une déviation tirant vers le bas…ne pas tirer dessus dans son axe.

 

Une descente de 10 m amène sur un talus épais, jonché de détritus, en passant par une strate de roche encaissante puis consolidée
Le débouché est fortement consolidé par une structure métallique entrecroisée .
Il y a un concrétionnement présentant une dentelure de courtes stalactites de calcite teintée de rouille.
Il existe encore une poutre en place, sous le plafond.
On débarque au niveau des balises 55 et 56. La sortie est proche de la balise 67, à proximité du Puits du Fontis, béant.

 

Équipement suggéré :
On peut se fier aux barres du cabanon, avec deux sangles en « Y », de préférence posées près du mur.
Un troisième amarrage peut alors être envisagé à l’aplomb du centre du puits annexe, décollé du mur, si on veut être plein vide
Une bonne déviation peut être installée sur un chevron calé derrière les 4 barreaux, ce qui répartit l’effort sur eux.
Une seconde déviation peut être posée sur une broche artisanale insérée à force, et qui ne peut pas servir pour un fractionnement qui serait « sûr ».
Une sangle de 60 cm est attendue là.
Soit corde de 20 m pour être à l’aise, 4 sangles,  5 ou 6 mousquetons.

Quelques photos :

 

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