Montguichet : Le Puits du Faux-Fontis 615

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Montguichet : Le Puits du Faux-Fontis 615

4 janvier 2023 carrières diverses Carrières Gagny 0

Montguichet : Le Puits du Faux-Fontis     615

Ce puits des Carrières de l’Est gabinien est le huitième de notre petit inventaire.
La zone de Montguichet compte encore 8 puits ouverts aux deux extrémités
Il est probable qu’ils soient détruits à court terme, soit pour des raisons sécuritaires, soit par effondrement., ou encore par malveillance voire par simple amusement.
Nous avons donc souhaité en établir une mémoire descriptive, modeste témoignage pour ces structures creusées et maçonnées à main d’homme, qui ont aéré, irrigué et/ou desservi les carrières de seconde masse, tant pour les carriers que pour les champignonnistes.
Avant qu’ils disparaissent peu à peu, ces petits descriptifs pourront aussi servir à des visiteuses et visiteurs cordistes qui aimeraient les descendre, les remonter, les observer de l’intérieur.
Mais…attention : tous sont DANGEREUX, certains TRES DANGEREUX, tous étant générateurs de chutes de pierres et/ou d’éléments métalliques ou encore d’éboulements.
Tous sont en milieu péri-urbain très proche, fréquenté par de nombreuses personnes, dont beaucoup d’adolescent(e)s, et une certaine prudence s’impose, le risque de malveillance sur le matériel, de vol, ou de projection d’objets divers dans un puits visité, n’est pas nul.

Tous débouchent dans des carrières abandonnées depuis des décennies, sans aucun entretien ni aucune surveillance, plus ou moins dégradées et déstabilisées, c’est à dire elles aussi dangereuses !
Diverses précautions s’imposent donc, même si la probabilité de survenance d’un incident ou accident reste très faible.
Enfin, les huit présentations (dont la présente est la huitième) de ces puits ne sont pas une incitation ou invitation à aller dans ces puits ni à s’en approcher de trop près. Elles sont indicatives, informatives, et SJV ne saurait être tenu pour responsable en cas d’accident qui surviendrait dans ces cavités verticales détériorées.
Toute tentative de visite physique est et reste sous la seule responsabilité des cordistes qui s’y lanceront, réputé(e)s suffisamment compétent(e)s (voire expert(e)s) et en bonne condition physique pour s’y engager.

Aux fins d’honorer le passé et les promoteurs historiques de ces carrières, un bref retour en arrière…
Il existe des éléments attestant de l’exploitation primitive dès l’époque Gallo-romaine c’est à dire dès le premier siècle après Jésus-Christ…
Jusqu’au XVIII ème siècle, cette activité de carrier est restée limitée, et n’était qu’à ciel ouvert.
Dès le début du XIX ème, les choses ont changé, et se sont fortement amplifiée avec l’ouverture de la gare de Gagny
Puis lorsque la Ville de Paris a décrété la fin des carrières à ciel ouvert sur son territoire, la banlieue Est a pris la relève et ce fut l’essor des exploitations un peu partout.
Monguichet passa alors par une suite de propriétaires :
1794/1808 Jacques Saint-pierre (d’où l’appellation « carrières Saint-Pierre »)
A cette époque existaient déjà deux grand fours à plâtre et un petit canal qui allait jusqu’à Gournay (La Marne)
1808/1829 Baron D. Roger qui fit construire un château.
1829/1882 Baron E. Roger (fils du précédent)
1882/1895 Général Humman avec création d’une ligne ferrée vers la plâtrière
1895/ 1921  Société des Plâtrières du Bassin Parisien (SPBP)
1921/1939….1950 Poliet et Chausson avec activité perturbée et irrégulière de 39 à 46.
Les carrières de première masse sont donc livrées à elle-mêmes depuis 70 ans…elles deviennent très dangereuses, la quasi-totalité des soutènements en bois et plusieurs de ceux en fer ont disparu ou sont « pourris »

Parallèlement et au-delà de 1950, il y a eu des Champignonnistes, notamment la famille Zinetti
Production dés 1880 et fort développement jusqu’en 1960/70 puis un lent déclin et fermeture définitive en 1992
Les carrières de seconde masse ne sont donc plus entretenues depuis 30 ans, ni techniquement surveillées, d’où leur dégradation et leur dangerosité.

 

LE PUITS DU FAUX-FONTIS    Coordonnées approximatives : 48.8799  X  2.5577   X    67 m
Accès : de l’extrémité de la Rue Jean Bouin, marcher environ  280 m pour découvrir au ras du chemin, à gauche, un vaste gouffre issu d’un effondrement de croisée de galeries venu à jour.
Cet accès est régulièrement obstrué par des bardages vissés (ce qui, évidemment, se dévisse facilement…) plus ou moins durables et, si nécessaire, il est facile de contourner (rue du 18 juin  puis rue des Sablons puis à gauche dans la rue du Vieux Chemin de Meaux)  par une ouverture laissée volontairement, et sise face à l’extrémité Nord du Collège Théodore Monod

Description extérieure : ce faux-fontis a un diamètre approximatif de 4 à 5 m, surplombé par des arbres dont un tombé récemment.
Ses bords sont surplombants et amincis, ce qui en fait un puits très dangereux pour qui s’en approche un peu trop.
Sa bouche s’élargit au fil des années, et plusieurs tentatives de la circonscrire pour des raisons de sécurité ont été mises à mal (panneaux métalliques de bardage, défoncés).
Ce puits « naturel » donc donne sur une vaste salle encombrée d’un grand cône d’éboulis jonché de déchets de toutes sortes qui vont du papier de bonbon à la mobylette en passant par textiles divers et canettes…etc.
La « Rue de Chemin vert » frôle donc dangereusement ce gouffre.
A la fin janvier 2023 une palissade très sérieuse de 60 m de longueur a été érigée en bardage de tôle fixé sur des bastaings enfichés dans le sol…personne ne sait combien de temps elle restera fonctionnelle. (?)
Celles et ceux qui voudront pénétrer cette enceinte n’auront évidemment aucun mal à y parvenir, mais, on le répète, les abords sont très dangereux…

Equipement.
Un arbre tombé en travers peut être le support de la tête de puits moyennant une main courante très conseillée.
Les bordures étant en grande partie encombrées de bouts de bardage empêchent un équipement sur un arbre limitrophe dont il faudrait de toute façon se méfier car pourrait basculer comme l’a fait le précédent cité.
La descente est bien évidemment directe ! Environ 6 m au sommet des éboulis. 15 m au bas des éboulis (talus à descendre donc)

Description intérieure.
« Intérieur  » est relatif car l’ouverture au ciel est de l’ordre de 20 m²!
On est en présence d’une belle cloche de décompression de 10 m de diamètre environ dont les parois expriment la stratification.
Le pourtour est manifestement instable, ne pas y séjourner.
Elle donne sur 3 ouvertures de galeries. Ouest et Sud
La balise la plus proche est un grand « 1 » peint en rose sur un pilier
Ce puits-gouffre se trouve à seulement 30 m du Puits Percé et à 50 m du Puits Hedera helix. (à vol d’oiseau)
Compte tenu que ce gouffre a une vocation de poubelle et d’ « expériences » diverses à y jeter des choses ou à tapoter ses lèvres « pour voir si ça s’écroule », il y a intérêt à ne pas rester au milieu non plus !
En cas de visite, mieux vaut choisir des jour et heure de non-fréquentation du chemin ! Et/ou poster une vigie à l’extérieur.

Équipement proposé :

 

N.B. : 25 mètres plus loin vers l’Est, on trouve à gauche un petit abri d’ouvrier qui peut être utile en cas de mauvais temps subit.
Sinon, la grande carrière de haute masse n’est qu’à 250 m de là !

 

Quelques photos :

Le Faux-Fontis vu d’en dessous…éboulis, détritus, surplombs dangereux, mais aussi une jolie strate de marne à Fers-de-Lances…

Palissade janvier 2023…

 

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