TGRLIFRA 12 A 862

TGRLIFRA 12 A 862

20 février 2026 Randonnée 0

TGRLIFRA     12 A      862

La TGRLIFRA  est la Très Grande Randonnée LIttorale FRAnçaise, une promenade pédestre de quelques milliers de kilomètres sur la côte manchoise puis atlantique, avec quelques particularités…

– le parcours suivi est préférentiellement et autant que possible, au plus près du flot, quel que soit le niveau de marée.
Bien entendu, il peut arriver que des structures artificielles interdisent tout passage pédestre, ou que la marée rende impossible un franchissement durant des heures.

Ou encore, qu’un arrêté municipal, préfectoral, voire ministériel déclare un passage illégal.

– le randonneur, la randonneuse, sont autonomes,  sont donc indépendants de tout commerce, mais susceptibles de quémander de l’eau potable si aucune source ou fontaine n’est accessible durant leurs étapes. Bivouac systématique.

.

– L’impact écologique est réduit au maximum, donc pas deux véhicules pour les navettes…ouvertes à l’auto-stop ou transports en commun locaux, selon les cas

– Equipe de 1, 2, 3 ou 4 personnes au maximum .

– étapes calibrées à 25/35 km en moyenne, conditions rustiques, portage minimalisé.

 

Cette activité ne pouvant être menée en continu (estimation à 100 journées de la Belgique à l’Espagne) car nécessitant une trop importante disponibilité, elle est menée selon un séquençage chiffré, chaque séquence, (Ici la douzième : 12) étant composée d’étapes lettrées… (Ici la première : A )

 

 

Les points kilométriques maritimes (PKM) sont comptés depuis la frontière belge, en suivant le trait de côte majeur. Il peut donc y avoir des longueurs non parcourues à pied du fait d’obstacles incontournables. Les parcours pédestres sont en kilomètres effectifs, (PK) qui diffèrent régulièrement des PKM du fait d’incursions dans les terres ou dans les villes et villages.

 

Etape N° 35   12   A  : De   Lézardrieux   à    Plougrescant  ( PKM  1030 à  1070  général) 

La séquence 12 est calée sur quatre journées, par adaptation aux situations respectives des gares SNCF Paimpol et Lannion.
Il devient en effet compliqué de trouver gares ou stations proches de la côte qui ne soient pas trop éloignées les unes des autres.
Au passage, il aura fallu « ruser » avec une forme de racket commercial visant à taxer les bagages au-delà de certaines cotes… Voir en fin d’article !
De plus, même quant elles existent, rejoindre ces gares secondaires crée des pertes de temps importantes.
L’étape 35 sera marquée, dès le début, par une anecdote : la navette ferroviaire entre Guingamp et Paimpol va tout simplement « oublier » de marquer l’arrêt à la station voulue : Lancerf !

 

Plus d’une demi-heure de retard, démarrage de la randonnée à 11h30… heureusement un peu compensé par le coucher de soleil bien plus tard dans la Bretagne occidentale, et la prise du déjeuner durant l’intermède forcé à Paimpol.

 

Etape en solitaire, qui commence par la traversée de l’Anse du Lédano pour atteindre le pont du Trieux. Les fortes pluies récentes et une grosse sédimentation de l’estuaire vont rendre impossible la traversée directe, tangue très molle et épaisse, ruisseaux larges et profonds, il faut se résoudre à passer par le petit pont du Kerbiguet.

 

 

Même la lisière herbeuse suivie pour l’atteindre est devenue marécageuse. PK 02,00.
La suite se développe d’abord sur le talus pré-dunaire puis sur l’estran sableux, pour parvenir au pont du Trieux et son entrelacs de câbles et tirants d’acier. Du centre, vue très étendue sur l’estuaire, on est au PK 03,60, c’est là que se fait la reprise exacte de la TGR 11 C. Il pleut modérément mais les camions projettent des flots d’éclaboussures sur les piétons, sans refuge possible, il y a intérêt à quitter ce pont au plus vite !
Traversée de Lézardrieux, dont son église ouverte, et un escalier de bois récent pour améliorer le tracé du GR 34 qui empruntait un raidillon terreux, auparavant. Le balisage est un peu avare, et il y a un peu de route ou rues avant de rejoindre l’estran.
Une curiosité près du port : l’ancienne lanterne à lentilles du Phare du Triagoz (Pleumeur-Bodou) originel (1864) qui fonctionnait au pétrole et portait à 28 km (automatisé en 1984) exposée face à l’Office de tourisme.

 

 

 

.

Ce dernier, bien qu’à marée basse, ne pouvant être suivi très longtemps, il fallut faire un peu d’escalade, puis revenir en arrière de 200 m et gravir la pente raide (heureusement arborée) pour émerger dans une pâture vide d’animaux, tout près du phare de Bodic, grande tour au sommet triangulaire peint en vert, aux allures de navette spatiale !  PK 10,95

 

 

De là il fallait tenter de retrouver un chemin correct, ce qui se solda par une première erreur et un égarement d’un kilomètre environ, marqué par un long chemin complètement noyé et aux talus ronceux, le résultat étant des bras sanguinolents et les pieds totalement trempés.

 

 

 

En toquant à la porte d’une maison, j’obtins une redirection (laquelle m’obligeait à repasser par le même chemin !) et une bouteille d’eau…on me proposa même de désinfecter mes écorchures multiples, ce que je refusai, laissant mes défenses immunitaires naturelles s’en charger…il faut bien qu’elles s’entraînent de temps en temps ! PK 12,25.

 

 

Une seconde prise d’informations dans une autre maison me dirigea droit vers le village de Saint Adrien et sa petite chapelle isolée.
Une nouvelle réorientation m’amena à pied sur une petite route jusqu’à Pleumeur-Gauthier.  PK  15,10.

 

 

 

Mais là, loin de la côte, et tous ces temps « perdus » m’amènent à presque 16h00…j’entrevois un gros retard potentiel dès le premier jour, et le fait d’être astreint à un horaire final (train !) n’autorisant pas à se laisser aller, je décide d’opérer une coupure de parcours avec un saut « de puce » en auto-stop, bien que la fréquence de passage de voitures se soit établie à 2/demi-heure !
Mais la chance me sourit et je suis rapidement pris puis déposé  au rond-point de l’office de tourisme intercommunal avec un PK 17,70 ( + 4 km  en voiture). 
De nouveau chanceux, repris cinq minutes plus tard et déposé à Tréguier. Dès lors et jusqu’à la fin de la séquence 12, je n’aurai plus recours à des substituts de moyen de  locomotion.
Comme dans beaucoup de petites villes, il y a des toilettes ouvertes, fonctionnelles et généralement propres…mais c’est surtout en tant que points d’eau qu’elles me sont utiles !

 

.

Tréguier est une ville de ponts et passerelle, entre les actuels et les vestiges d’anciens, au-dessus du Jaudy ! Il y a une exposition permanente d’anciennes photographies qui rappellent bien ce que fut la vie au siècle dernier, notamment qu’à cette époque on pouvait réaliser sa récolte d’huîtres fraîches directement près des berges !

 

 

Je franchis alors la Passerelle Saint-François, plutôt élégante, au-dessus du Guindy, rivière affluent important du fleuve  Jaudy juste avant la mer.
Le Guindy, avec ses 43 km de cours, est en catégorie piscicole N°1, riche en truites dans son cours supérieur, rivière qui débite entre 0,2 et 5 m3/seconde selon saisons et pluviosité. Il a une largeur approximative de 30 m sous la passerelle, mais qui passe à plus de 100 mètres à marée haute de vives-eaux ! PK 19,50
On met alors les pieds dans la commune de Kerborn, et il va y avoir là une grande longueur de route et de rues, avant de retrouver l’estran, au PK 23,00. On s’approche de la marée haute, et le GR34 censé longer la côte sur l’estran, n’est plus guère praticable…il me faudra grimper une pente raide pour contourner par des champs et redescendre afin de reprendre au ras de la vague jusqu’à la Roche Jaune PK 25,80.

 

 

 

Dans cette zone littorale, on peut observer une sorte de cimetière naval, car plusieurs carcasses de bateaux y gisent, ainsi que quelques embarcations semblant abandonnées (???)
Marée haute encore…un nouveau crochet dans les terres doit être effectué avant de revenir à la côte surplombante.

 

 

Le jour commence à baisser, et en entrant dans la Baie de l’Enfer, je commence à songer à trouver un abri, car il pleut régulièrement et la nuit ne sera pas tranquille…c’est alors qu’apparaît, presque miraculeusement, un petit hangar pour chevaux, sur la berge droite du Ruisseau Lizildry
(le Lézard, en breton !) PK 28,30…

 

 

Bien sûr, c’est un peu « court » pour une journée, mais la coupure en autostop représentant une réduction de 15 km environ, cela me met finalement en avance de 2 à 3 heures sur l’itinéraire total.
Compte tenu de la rareté des abris corrects accessibles « librement », je n’hésite pas.

 

 

.

Néanmoins, le lieu est envahi de ronces dans la partie couverte et bien sèche, et la toiture comporte diverses tôles ondulées qui bringuebalent au vent, très bruyantes.
Une opération de débroussaillage à coups d’Opinel N°8, d’une part, et la pose sur le toit de quelques branches et barres de fer qui traînaient tout près, d’autre part, eurent tôt faît de remédier aux inconvénients, cependant que la nuit est maintenant installée…
Il ne reste plus qu’à opérer un change vestimentaire partiel et avaler un bon dîner…
50 g. de Tuc classiques, 50 g. de saucisson sec d’Ardèche (du luxe !) qui me font penser à Mimi-Twix et Pomdeter dans l’Aven de Noël, 50g. de pain de mie complet, 50 g. d’Emmental, et 50 g. de Snickers…et de l’eau, bien sûr.  (soit environ 1020 Kcal).
Bon…je ne suis pas encore étoilé au Guide Michelin !
Il ne fait pas froid, mais les surchaussettes et les gants de laine ne seront pas superflus…  Nuitée vers 21 heures !

 

 

 

 

 

 

 

La taxation des bagages avec Ouigo… Quelques astuces…
Bien que le contrôle desdits bagages soit assez aléatoire, et, en principe, effectué AVANT d’accéder au train, il vaut mieux éviter de passer outre la règlementation dont la vraie motivation est essentiellement de faire payer des suppléments !
La plupart des sacs à dos « 50 litres » peuvent en effet  être compactés pour tenir dans un volume de 55 x 35 x 25, dès lors qu’on ne met rien dans les poches latérales ou la têtière. Le contenu de ces dernières peut alors être conditionné dans un second contenant de 15 x 30 x 40, dit « bagage à main ».
Il suffira de reconstituer le sac principal unique après le voyage en train, le second contenant pouvant n’être qu’un sac en plastique ou en textile léger, soit jetable soit transportable pour une très faible masse additionnelle et un volume négligeable.
De plus un certain nombre de petits éléments peuvent tout simplement bourrer les poches du pantalon, de la veste ou blouson et même d’un vêtement de type « ciré » ou « gabardine » ou « grand K-Way »…car on en met pas mal là-dedans !
Il est aussi possible de gagner du volume en portant sur soi plusieurs couches de vêtements à ôter dès que possible (c’est plus difficile quand il fait très chaud dehors !) car un pantalon et deux tee-sirts en moins dans le sac, c’est toujours ça de gagné !
Enfin, rien n’interdit de négocier gentiment la complicité d’une personne avant passage du contrôle préliminaire, pour confier un éventuel troisième bagage ( ça demande 1 ou 2 minutes) puis de ranger intelligemment ce troisième bagage dans l’étagère des bagages à main, car il n’y a jamais de contrôle du nombre de bagages à main rapporté au nombre de voyageurs, à ce niveau là.
Pour paraître encore plus « dans le moule », bien penser à étiqueter les deux bagages les plus évidents, ainsi que le règlement SNCF le prévoit…
Ceci peut faire économiser 10 euros par aller-retour…ça finit par « chiffrer » si on voyage souvent ! Ou bien éviter 50 euros d’amende…

Bleu vif  =  parcours pédestre littoral    Bleu pâle  = parcours pédestre champêtre   Noir = Parcours automobile 
PK marché  :   28,50           11h30 à 18h30…mais lever à 5 heures !   Sac à dos géré à 12,5 kg dont 1,5 d’eau et 2,2 de nourriture.
PKM déroulé :   40,00

 

 

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *