TGRLIFRA 12 C 864

TGRLIFRA 12 C 864

20 février 2026 Non classé 0

TGRLIFRA     12 C      864

La TGRLIFRA  est la Très Grande Randonnée LIttorale FRAnçaise, une promenade pédestre de quelques milliers de kilomètres sur la côte manchoise puis atlantique, avec quelques particularités…

– le parcours suivi est préférentiellement et autant que possible, au plus près du flot, quel que soit le niveau de marée.

 

Bien entendu, il peut arriver que des structures artificielles interdisent tout passage pédestre, ou que la marée rende impossible un franchissement durant des heures.

Ou encore, qu’un arrêté municipal, préfectoral, voire ministériel déclare un passage illégal.

 

– le randonneur, la randonneuse, sont autonomes,  sont donc indépendants de tout commerce, mais susceptibles de quémander de l’eau potable si aucune source ou fontaine n’est accessible durant leurs étapes. Bivouac systématique.

– L’impact écologique est réduit au maximum, donc pas deux véhicules pour les navettes…ouvertes à l’auto-stop ou transports en commun locaux, selon les cas

– Equipe de 1, 2, 3 ou 4 personnes au maximum .

 

 

 

– étapes calibrées à 25/35 km en moyenne, conditions rustiques, portage minimalisé.

Cette activité ne pouvant être menée en continu (estimation à 100 journées de la Belgique à l’Espagne) car nécessitant une trop importante disponibilité.

 

 

Elle est menée selon un séquençage chiffré, chaque séquence, (Ici la douzième : 12) étant composée d’étapes lettrées… (Ici la troisième : C )

Les points kilométriques maritimes (PKM) sont comptés depuis la frontière belge, en suivant le trait de côte majeur. Il peut donc y avoir des longueurs non parcourues à pied du fait d’obstacles incontournables.

Les parcours pédestres sont en kilomètres effectifs, (PK) qui diffèrent régulièrement des PKM du fait d’incursions dans les terres ou dans les villes et villages.

 

Etape N° 37  12   C : De   Ploumanac’h  à  l’Île Grande    ( PKM  1110 à  1151  général) 

Il a peu plu cette nuit, et le vent était dans le bon sens pour que je reste au sec !
Pour autant, tout ce qui était suspendu pour égouttage est resté bien mouillé, et ce sera un petit moment sympathique que de renfiler le pantalon bien froid !

 

 

 

Mais c’est une question d’habitude…car quinze minutes de marche suffisent à « réchauffer » le textile, et que, de toute façon, comme il pleut à nouveau, tout sera re-mouillé, inutile donc d’en mettre un sec au réveil !
Un rangement soigné s’impose car il est prévu une bonne pluie quasi-permanente, et la multiplicité des sacs plastiques pour chaque élément à protéger est une « sécurité » pour garantir des soirées et nuitées reconstituantes, presque confortables !
Chaque sac est donc bien replié, voire noué ou caoutchouté et consciencieusement engouffré et calé dans le grand sac général, lui-même bien fermé ! Ce petit ménage prend un peu de temps, mais on en ceuille les bénéfices le soir…

 

 

Démarrage…et, coup de chance, les trois seuls promeneurs bientôt rencontrés par ce temps maussade ont un téléphone et veulent bien passer le SMS journalier conjugal « contractuel »… Il n’est que 9 heures.
Dès le début, le GR offre une succession de vues très appréciables, les Rochers Roses méritent leur réputation.

 

 

Après être passé près une petite chapelle scluptée, on gagne peu à peu le village, jusqu’à un moulin à marée.   PK  02,20
Des toilettes permettent le ravitaillement en eau. Petit port tranquille avec paysage rocheux et un curieux oratoire très bas près de la mer.

 

 

Après une reprise du GR sur 1500 m, car on n’est encore qu’à mi-marée descendante, j’aborde une zone d’estran de la Baie de Sainte-Anne qui va permettre une petite traversée directe vers Trégastel puis vers l’Île Renote. PK 03,70
Le tour de cette dernière, hors-GR, est une véritable promenade dans un labyrinthe de grosses roches où le jeu consiste à essayer de se faufiler en gardant les pieds sur les zones sableuses qui serpentent entre elles…quand on perd, il faut grimper ou sauter de roche en roche, mais c’est du bon granite rose, bien rugueux et ferme, très rassurant ! Au final, cela se termine à l’isthme de cette île PK 06,60, après une récréation sportive réjouissante.

 

 

 

La mer se retirant de plus en plus, marcher sur l’estran devient la règle, et je vais y déambuler avec les îles à droite et la côte à gauche, selon un parcours sinueux jusqu’à Landrellec PK 07,40 .
De là, les grosses pluies ont transformé le ruisseau Samson en jolie rivière, ce qui me cantonne à nouveau au GR jusqu’à son départ dans les terres au PK 09,80. 

 

A cet endroit, une large incursion a été mise en place pour éviter de longer la route côtière sur 2700 m…
Le randonneur a le choix entre marcher 1/2 heure sur cette route, ou un petit crochet de 4 km, ou un grand crochet de 9 km, ce dernier passant par une source, une chapelle et un menhir tous renommés, ainsi que près du fameux radôme de Pleumeur-Bodou.

 

Ayant de l’avance sur mon itinéraire global, j’opte pour la grande boucle !
Il pleuviote en permanence ou presque, et c’est un plaisir que de trouver la source et la chapelle Saint-Samson au PK 13,50, puis le Radôme au PK 15,40.
Ce radôme, le plus grand du Monde, 50 m de hauteur, ne peut se rater !

 

Réalisé en 1962 sur la base d’un défi technologique lancé à la France par les Etats-unis qui venaient d’en contruire un, pour établir une relation satellitaire entre les deux continents, ce fut une réussite. Mais depuis 1980, d’autres installations plus modernes ont pris le relais, et on a maintenant un musée !
De ce point, un surprenant parcours perché sur un talus séparatif de zones inondables (et qui le sont en ce moment !) part dans les bois durant presque un kilomètre, puis suit une petite route et aboutit au Menhir de Saint-Uzec PK   17,70.

 

 

 

 

Ce menhir en granit rose de plus de 5 m (et 2,6 en terre) daté de  – 3000 à – 5000 avant J-C,  a été christianisé et sculpté au XVIIe siècle.
Il y eut des couleurs peintes à l’origine, complètement disparues actuellement. Il pèserait…80 tonnes !
La suite mène à la Chapelle de Pervern, et on retrouve la mer au PK 19,50.
Elle est remontante depuis quelques heures déjà, mais permet encore de marcher dans le sable et quelques rochers, passer par l’Île Mouton, et accoster l’Île grande sur son flanc oriental.  PK 20,80
Le tour de cette île sera désormais fait sur le GR, qui est ici un large chemin souvent sablé, souvent bordé de fil de fer sur potelet, très « touristique » donc ! Mais à marée haute, il est le bienvenu. Au PK 27,50, on rejoint le pont de la D 21 qui marque l’isthme .

 

 

 

La nuit s’approche, et commence la recherche d’un abri, car c’est sûr, il pleuvra cette nuit !
L’état du ciel et la ventosité ne laissent aucun doute là-dessus.
Une première prospection autour de maisons inhabitées ne donnera rien, mais au détour du sentier qui repart vers la mer, un excellent abri apparaît…

 

…sous la forme d’une véranda ouverte, très bien orientée, avec table, bancs, fauteuils…et le portillon, du jardin n’est pas fermé !
Je me trouve alors dans le cadre juridique de non-violation de propriété privée (ou de domicile), puisque pouvant entrer par l’accès dédié, sans effraction, sans ruse, sans contrainte ni menace… ce que je vais faire !

 

Reparti chercher mon sac posé un peu avant, je commence à m’installer lorsque, à la nuit tombée, surgit le propriétaire !
Quelques minutes d’échange amènent à bénéficier d’une belle hospitalité, on m’offrit même une boisson tirée d’un régfrigérateur, que je refusai poliment. Faut pas abuser, quand même !

Je pus reprendre l’installation, avec fil à linge et pinces, fauteuil, et en profitai pour bien réordonner les choses à la veille de mon quatrième et dernier jour de pélerinage  hivernal breton… le grand confort !
Très belle et bonne journée, très souvent près de la vague, et la pluviosité étant restée modérée, bien plus que prédite.
PK proche de 29 ou 30 avec les errements divers.

 

 

En bleu : parcours pédestre du jour (en vert, départ du lendemain)

 

 

 

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