Excursion préparatoire 875
Excursion préparatoire 875


De temps à autre, il est utile, voire nécessaire et même indispensable d’aller sur le terrain avant d’y emmener d’autres personnes, aux fins de tester l’intérêt réel des sujets censés être vus, des lieux visitables ou non, et dans quelles conditions, de s’assurer de la faisabilité, des questions de sécurité, ou encore pour tester la durée de l’activité, en compartimentant les séquences qu’elle prévoit.


Peu avant, ayant connaissance des prévisions météorologiques, du nombre de personnes à venir et de leurs capacités respectives, du temps qui serait imparti, il s’est agi ce jour-là de mesurer plusieurs passages envisagés (ou non) pour ladite sortie.
Cela passait par…
1) Petite marche nocturne
Bien que courte (10 km) elle implique de circuler ponctuellement sur une sente dans un bois touffu avec des pentes terreuses raides.
Il fallut améliorer le passage au sécateur pour éviter les incidents avec les petites branches à hauteur du visage ou les croc-en-jambes créés par les ronciers. Par ailleurs, recreuser des marches dans le sol, peu à peu déformées par les passages répétés notamment par temps pluvieux, transformant le sentier en toboggan ! Sécateur et piochon auront ainsi été mis en action, très activement.
2) Traversée d’un canal


Devant éviter un passage souterrain interdit, il y avait deux solutions…
Traverser à pied dans l’eau, voire y nager, en théorie aussi interdit, et qui suppose de se dévêtir, puis se sécher et se revêtir pour passer 8 mètres de largeur avec 1,3 m d’eau seulement. Beaucoup de temps, et peu commode par temps froid.
Ou bien passer avec des Waders…hélas trop à la « limite ». A 130 cm d’eau ça se remplit !
Traverser dans un petit dinghy gonflable avec navette à la corde…quelques kilogrammes et quelques minutes de gonflage puis dégonflage.
Beaucoup plus amusant et confortable…bien que la taille du dinghy exige de rester bien calme quand on est dedans !
Difficulté : ça se perce facilement, vu la qualité légère de l’objet. Et cela, de nuit… Et il faut porter la chose durant toute l’activité pour quelques minutes d’utilisation…
3) Traversée d’une petite rivière


Si l’option « Dinghy » est reproductible, l’affaire est réglée !
Sinon, la traversée à pied, qui n’est pas interdite ici, peut se faire selon la profondeur…et c’est ce qui va être testé.
Bien sûr, ça va dépendre des pluies récentes…pour d’autres jours !
Mais cette fois, traverser à pied sans ses habits est aussi autorisé…tout dépend de la sensibilité au froid (ou non) et, comme indiqué, ça prend du temps, et de ne pas tomber sous le coup de la loi, pour exhibitionnisme !
Et le faire sans chaussures est risqué. C’est alors qu’apparaît une astuce avec l’apport d’une paire de baskets usagées très légères ou équivalent ( moins de 500 grammes la paire) évitant de tremper les chaussures destinées à l’activité complète journalière.


Si c’est réalisé simultanément par tous les participants, ce n’est pas plus long que gonfler/dégonfler/faire la navette autant de fois que de personnes. Donc, sujet à discussion de groupe !
Reste que ce sujet reste assez amusant …car idéalement, traverser dans l’eau, debout ou en nageant implique de tremper les sous-vêtements. Donc, soit on en emporte un double, soit on traverse tout nu ou toute nue.


Si ce sujet a toujours un intérêt, c’est qu’il soulève la question de la confiance interne dans le groupe, pour celles et ceux dont la pudeur ne leur permet pas de se ficher complètement d’être vu(e) dans le plus simple appareil. Car c’est bel et bien une question de confiance, il suffit en effet que tout le monde se retourne durant le temps voulu, et la pudeur est sauve. Mais il faut alors faire confiance, et que personne ne la trahisse…


C’est donc un bon test de l’équipe et de chacun-e de ses membres, et c’est justement parce qu’il est bon que beaucoup de gens l’évitent, sous divers prétextes, ou carrément sans raison autre que « je ne veux pas »… craignant le résultat !
Sinon, les waders, c’est lourd et volumineux…On peut imaginer des prêts entre personne, donc moins d’exemplaires à porter, mais on retrouve du temps à passer à procéder aux échanges. Reste le Dinghy… distrayant, mais fragile !
4) Traversée souterraine d’un canal dans un aqueduc de section ovoïde.

Si cet aqueduc ne mesure que 20 mètres, ses dimensions le rendent difficile à parcourir si on ne veut pas se mouiller.
S’il est sec ou si on passe outre la question d’être mouillé, se parcourt à 4 pattes, gants et genouillères conseillés !
Sinon, ça se passe à croupetons, hauteur maximale 0,8 m, largeur maximale 0,6 m, mais avec les pieds l’un derrière l’autre et non pas côte à côte, c’est très fatigant surtout si on est « grand ou grande ». Ensuite, remonter un puits carré large et profond de 4,5 m encombré par une grosse canalisation cylindrique, et fermé dans le haut par une grille, escamotable ou non. Evidemment, sans échelons ! De plus les accès aux deux bouts sont encombrés de végétation piquante !
Il est aussi préférable de ne pas être arachnophobe !!!


5) Utilisation d’un tunnel sous-routier pour rangement occasionnel de bateaux de courte durée
Il fallait prendre des mesures pour étudier cette faisablité, mais aussi imaginer une procédure de rangement puis d’extraction.
6) Recherche d’une casemate mal positionnée sur une carte. Etude longue sur les images satellites, puis hypothèses sur carte.
Investigation de champs déjà bien en culture, ce qui impose une progression raisonnée pour ne rien abîmer…en plus, c’est du colza !
7) Comme 6) mais dans des fourrés et taillis serrés
8) Recherche de casemates non positionnées car seulement présumées. A partir de la carte, élaborer un cheminement d’accès efficace et économe en pas et en énergie. Mise en oeuvre sur le terrain.
9) Visite d’essai, en approche d’un site historique, conditions à étudier.
10) Etude de location de bateaux sur place. Juste pour comparer…
Résultats :


1) Réussi, presque 2 heures de « jardinage » pour un sentier régulièrement utilisé, ainsi sécurisé.
2) La traversée, déshabillé, déchaussetté, portage sur la tête a été privilégiée, malgré l’interdit officiel (mais c’est de nuit et le passage dure moins de 2 minutes !) et en faisant attention aux pieds…le fond n’étant pas garanti sans objets piquants ou coupants.
La situation nocturne a facilité le passage entièrement nu, donc rien à sécher ou changer après, mais avec de vieilles baskets aux pieds !
L’autre option aurait été de mouiller les chaussures, puis, une fois ressorti(e) de les porter en ayant enfilé un sac plastique par-dessus les chaussettes.
Les pieds restaient ainsi au sec. Séchage sommaire du corps avec mini-serviette emportée pour cela.

3) Réussi, les trois options sont défendables. Celle des Waders était viable ici, 1,2 m au plus profond, donc retenue. Pas eu besoin de se déshabiller dans la nature en plein jour !
4) Réussi, une visite de contrôle sera nécessaire pour étudier le cas de la grille de puits, amovible ou non ? Si elle ne l’est pas, elle pourrait le devenir mais avec réversibilité de la condamnation, par souci de protection d’éventuels passages d’enfants.
5) Réussi, mise en oeuvre servant d’essai probatoire. Opération un peu technique et à réaliser sans témoin, par parce que c’est interdit mais pour éviter un « emprunt sans retour » si la « cachette » était éventée.

6) Réussi. Pointage à reporter sur document historique. Recherche longue après une première tentative dans un immense champ avec du colza entre 1,5 et 2 m de hauteur, à franchir sans détériorer, en se faufilant entre les pieds. Seconde tentative dans la friche voisine avec succès cette fois, plus d’une demi-heure de sécateur pour atteindre la casemate enfouie.
7) Réussi. Idem 6). Recherche très longue, mais dégagement plus facile qu’en 6)
8) Opération en elle-même réussie, mais n’ayant rien donné d’intéressant. Les points repérés n’étaient pas des ouvrages militaires mais civils.
9) Réussi. Mais non visitable à l’intérieur. Reconnaissance qui fut rapide et facile. Propriété entièrement close mais laissant le regard passer.

10) Réussi. Conclusions négatives : 50 euros pour louer 2 ou 3 heures, sans aucune prise en charge (pas de navette). Trop onéreux.
Tout cela ayant été éprouvé soit à pied, soit en VTT, donc déjà une activité préparatoire sympathique !
Seul de déplacement automobile de base peut constituer un point désagréable, si le véhicule n’est pas électrique, par exemple.
Le tout porte donc à croire que la sortie qui va suivre sera elle aussi …réussie !
