Baptême d’équipeuse spéléologue 449

L'aventure et l'évasion

Baptême d’équipeuse spéléologue 449

2 novembre 2021 Spéléologie 0

Baptême d’équipeuse spéléologue            449

Après quelques expériences formatrices dans diverses cavités souterraines, naturelles ou artificielles, et malgré les restrictions diverses liées à la Covid19, forte de quelques séances de formation dont deux clairement orientées vers les techniques d’équipement de voies, voici Mimi face à sa première vraie cavité à équiper pour tout un groupe de 6, puis à déséquiper sur une autre voie installée par d’autres.
Un parcours bien complet donc, qu’elle devra réaliser avec ses propres et seuls moyens, n’étant aidée ou conseillée que si nécessaire…c’est à dire le moins possible, la sécurité de chacune et chacun étant évidemment assurée.
Dans sa narration, sont incrustées les commentaires succincts de l’observateur « critique », en noir.

Lever dès 6h30 pour être dans la grotte en « pole position ». Il paraît qu’une formation spéléo traîne dans le coin 😉.
Les sacs d’équipement ont été soigneusement préparés la veille, avec fiche, cordes pliées, nœuds de sécurité, nœuds avertisseurs, sangles et mousquetons sécurisés, bidons étanches garnis, éléments de survie, bouteilles PET, plaquettes et clé de 13, etc.

L’équipe s’habille à la maison forestière et part en combinaisons dans les voitures.
Avec notre expérience de groupe et une bonne partie des sacs déjà rangés, cela ne nous demande pas beaucoup de temps pour plier bagages.
Les chauffeurs déposent les passagers qui partent mettre la première main courante.
Suite à des emprunts de corde pour un canyonisme anticipé de façon imprévue, des incertitudes planaient quant à la bonne dotation en cordes (près de 300 mètres au total…), ce qui a amené la décision de poser des mains courantes d’accès extérieur en polyéthylène, mains courantes servant plus de guides que d’assurances, mais qu’il fallait tout de même poser !

A notre arrivée se présentent deux grands puits…
Les équipes se divisent GICOAN d’un côté et MINICRI de l’autre.
Minicri désignera désormais l’équipe de Mimi.

C’est parti pour ma première installation de grotte !

On commence donc par un puits avec une corde de 35 m. Je me mets dans le vide avec de plus en plus de facilité et je commence à installer.
Accrochée avec ma longe courte, je fais mes nœuds sous l’aide et la vigilance de Cricri.
De l’hésitation au départ, mais je reprends de l’assurance petit à petit.
Tout cela aura été réalisé posément, quasiment sans aide sauf pour les réglages de « mou » aux fractionnements. Maîtrise personnelle très en progrès quant à l’appréhension du vide inconnu, bonne gestuelle, tendance à maintenir un bi-longeage « rassurant », ce qui peut encombrer les amarrages et multiplie les efforts et temps de manipulation.

C’est parti pour la descente… Je ne descend pas trop vite car je ne sais pas où je vais,  j’ai aussi peur de rater une broche et de devoir remonter.
Attitude prudente et anticipatrice, tout à fait recommandée !
Je cherche donc un peu partout en descendant puis je vois la première broche.

Le puits n’étant pas droit on doit faire des fractionnements pour repartir sans frottement de corde.
Toutes dispositions bien comprises, enchaînements dominés à chaque fractionnement, nœuds bien connus et réalisés en finesse. Tendance à boucle trop ample, mais c’est un détail difficile à traiter dans les débuts, surtout avec de grosses cordes, sèches et âgées…donc très raides.

 

Nœud Mickey, mousqueton dans les oreilles pour aider à la remontée et pédales (qui vont s’avérer trop petites quand la deuxième équipe va remonter).
De fait, les mous de corde censés aider au délongeage qui ont été estimés trop courts ne l’étaient que parce qu’il y avait des appuis de roche adéquats pour s’en passer. Mais il y a effectivement eu une tendance à les faire trop courts, dès le départ. Ce qui sera à rectifier.

En tout 3 fractionnements sur ma corde, et le plaisir de retrouver l’autre équipe lors du dernier.
Bon équipement général, il ne restait que peu de corde en surplus, mais il aurait fallu lover en peloton cet excédent pour éviter le piétinement possible et le salissement inutile, deux processus préjudiciables aux cordes.

Ensuite Cricri me fait installer une corde de 20 m au dessus d’une paroi avec dérivation pour éviter les frottements.
On utilise les stalactites et les sangles pour faire la main courante.
Et un anneau avec une sangle pour la dérivation.
Cet équipement sera effectué sans faille, sur AN et B, main courante bien réglée, nœuds à ganses courtes et esthétiques (donc bien faits jusque dans le détail), déviation correcte.

Finalement on ne passera pas par là.
Équipement d’attente prévu pour remontée ultérieure de l’autre équipe (parcours croisés).

On repart vers l’entrée et empruntons le même chemin que l’autre équipe, fait de montées et de passages sur ligne de vie en enjambant et longeant les puits.
Toutes consignes de sécurité dûment observées.

Dernière installation pour notre équipe. Début d’un puits avec une corde de 40m.
Premier défi, mettre des plaquettes au-dessus du vide, bras tendus à hauteur de ma tête. Cricri me rassure en me tirant le baudrier vers l’arrière.
Hormis cette aide psychologique ponctuelle, l’ensemble sera installé de façon académique, sans hésitations et sans stress apparent.

On descend sur un premier palier, sur lequel j’attends que Cricri et Nico me rejoignent.
Procédures sécuritaires bien comprises et appliquées, travail structuré entre équipeuse et son second.

Puis je reprends la descente et arrive sur des Spits,  je me retourne dans tout les sens pour trouver comment les atteindre et je finis par trouver une bonne position. Idem précédemment.
Et c’est parti pour une belle et dernière descente, sur corde glissante, un vrai plaisir.

 

 

Nous voila en bas, après un petit boyau nous retrouvons l’équipe GICOAN dans leur dernière descente.
Boyau rampé sans appréhension particulière, entraide pour le sac.

Lors du repas nous aurons la visite des spéléologues en formation.
Temps de repos physique et de détente psychique bien intégré dans la sortie, pas d’empressement ni de suractivité anxiogènes.
C’est parti pour la remontée, les équipes échangent leurs parcours. Nous évoluerons sur les installations de GICOAN.
Confiance accordée spontanément aux divers équipiers.

Cricri part en premier car la dernière descente a été compliquée pour Gigi et Coco donc il veut s’assurer que nous puissions passer.
Démarche normale d’encadrement, les difficultés étant notoires et ayant été repérées au passage d’autres personnes.

Je passe en dernier pour déséquiper mais je ne réussirai pas sur celle-là. La corde m’entraînant trop loin des plaquettes.
L’affaire était réalisable, mais trop de temps et d’énergie à y passer, refroidissement probable et préjudiciable aux autres, il était sage de « passer la main » ponctuellement.

Cricri s’en chargera en repartant du haut de la corde, et en faisant le grand écart dans le vide (vraiment pas pour moi…).
C’était réalisable, même pour Mimi, mais effectivement difficile, et pas sans risque de contusion sévère en cas de « raté ».

Nico passe devant et doit se débrouiller tout seul pour s’en sortir, ce qu’il réussira à chaque fois même si selon ses commentaires il « n’avait pas la manière ».
« Pas la manière », sans doute, mais ne retardera personne. « Pas la manière » mais réussira tout seul avec sa manière, en tirant le meilleur parti de ses connaissances, de ses forces et de ses aptitudes analytiques. Autonome donc, volontaire et courageux, même au prix d’une dépense énergétique dispendieuse !

Je passe derrière et défais les plaquettes, les sangles, les mousquetons, récupère les cordes.
Travail consciencieux donc, et méthodique.
Le sac devient vite lourd et se remplit.
Bonne gestion des sacs, à équilibrer, selon une première approche de Nico.

On recroise et récupère l’équipe GICOAN en bas de leur dernier puits. Bon courage à eux pour cette longue remontée !!

De notre coté, c’est plus étagé, mais du coup j’ai aussi plus de matériel à récupérer.
Remontée sereine, contrôle du sac, déséquipement bien mené jusqu’au bout, aucun oubli ou chute de matériel.
Sécurité observée mais sans excès.
Dernier puits avec un fractionnement.


Correction d’équipement au passage. Incident technique d’équipier observé et compris du bas, sans affolement, mais avec empathie.

Hâte d’être en haut !!!
Avec la pratique des puits précédents, celui-ci me paraît simple, le plus dur fut de remonter le sac devenu lourd !!!
Remontée personnelle plutôt rapide, déséquipement final calme et bien maîtrisé malgré la fatigue (8 heures actives sous terre).
Sac plein remonté vigoureusement, démontage de main courante réalisé en sécurité.
Bon moral et dynamique globale conservés du début à la fin, communicatifs et bienveillants.

On arrive en haut et attendons CO et AN car GI à dû redescendre le premier fractionnement pour récupérer son sac de matériel qu’il pensait transmettre à CO mais qui l’a bloquée !
Eh, oui ! Difficulté d’équipière s’étant longée dans une oreille de Mickey, laquelle a coulissé sous son poids la plaçant trop bas pour repasser aux bloqueurs compte tenu d’un mou de corde pas étudié pour cette situation.
Les Mickey sont à doter d’un mousqueton central … ou à associer à un grand mou de corde en prévision de cet incident (qui n’est pas censé arriver si la procédure de passage de fractionnement est appliquée à la lettre, mais…)

Fin de cette spéléo…Très technique et avec beaucoup de manipulations et, du coup beaucoup de temps d’attente pour les équipiers !
C’est resté très raisonnable.
Je suis plutôt fatiguée de mon activité, pleine d’émotions fortes, de nouveaux bleus et pas mal de fatigue dans les bras.
Tout cela est parfaitement « normal », même les bleus ! 🙂 !

 

 

 

 

Seulement on ressort vers 16h, trop tôt pour une fin de journée SJV, (…) nous partirons donc pour la via d’Ornans…incroyable, mais vrai : faire une via ferrata en semi-nocturne après une petite nuitée et 8 heures de spéléo...ils sont fous ces SJViens !

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