Les mains courantes métalliques 235

L'aventure et l'évasion

Les mains courantes métalliques 235

23 octobre 2019 Spéléologie 0

Les mains courantes métalliques

Si les mains courantes sont le plus souvent constituées d’une corde d’assurance, elles peuvent aussi être faites de câbles ou de « fils clairs », parfois de chaînes, et on les rencontre lorsque l’on est face à un risque de chute ou pour éviter une immersion aquatique ou encore des lacs de boue épaisse,  cela en progression horizontale ou oblique. 
Elles sont là pour franchir l’obstacle ou affronter la difficulté plus facilement et/ou en toute sécurité soit en s’y maintenant avec une ou deux mains, soit en s’y longeant (en plus) s’il y a un risque notoire. L’agrès se situe le plus souvent entre 1 et 1,5 m, parfois plus haut, et les bonnes mains courantes métalliques, qu’elles soient en palier, en talus ou en vire sans prise ou presque, sont généralement bien tendues, sauf si cela génère des frottements importants et répétitifs, car bien que métalliques elles ne sont pas insensibles à l’érosion.

L’usage décrit ici s’applique principalement à la spéléologie, les agrès métalliques étant très rares en canyon, hormis les relais chaînés, et en inox de préférence.

Dans cet article, on laissera de côté les mains courantes cordées, qui sont les plus fréquentes, et relèvent d’une technique spécifique. Elle seront traitées dans un autre article

Les mains courantes métalliques : 
Concernant les équipeurs, il s’agit d’équiper en fixe, pratiquement jamais pour la course de l’équipe du jour :

  1. Ces agrès, s’ils sont bien tendus, voire trop bien tendus, peuvent subir et faire subir des tensions très importantes lorsque le poids des personnes va s’appliquer sur eux, d’autant qu’il sont hyper-statiques. 
    Le fil clair et le câble de  mm de diamètre sont dans la limite raisonnable, même si, pour des raisons liées au poids et au volume on aimerait réduire les choses pour les mains courantes éphémères…ce ne serait pas raisonnable de tomber au niveau du câble de frein de vélo !!!  Ce sont des équipements fixes, devant être durables, qui serviront à tout le monde, et plus l’installation sera forte et résistante à l’abrasion, aux manipulations parfois brutales, et mieux ça vaudra…Sans tomber non plus dans l’excès opposé avec des chaînes ou des câbles énormes…on n’est pas en via ferrata.
  2. Les deux extrémités doivent être amarrées irréprochablement. Cela suppose soit un amarrage  direct sur un support lui-même irréprochable (solide, durable, non-abrasif…), soit un double voire triple amarrage comme pour les têtes de puits.
  3. Les  extrémités, s’il s’agit de chaînes sont connectées avec des maillons rapides, de préférence. S’il s’agit de câbles,  ces derniers doivent être repliés de préférence sur une cosse de leur calibre et fermés par au moins deux serre-câbles posés dans le même sens, la courbe de l’étrier sur le brin mort, un troisième étant recommandé. S’il s’agit de fil clair, replier largement l’extrémité et le torsader sur lui-même… Ces procédés semblent les meilleurs à l’usage (mais ce n’est pas exhaustif) 
  4. Les raccordements éventuels, plutôt à éviter, nécessitent 6 serre-câbles posés en opposition 3 à 3 puisque les courbures d’étriers doivent être du côté des extrémités, faisant ici figure de brin mort.
  5. Les attaches intermédiaires sont évidentes pour ce qui est des chaînes, maillon rapide s’imposant ! Pour les câbles, il n’est pas indispensable de créer des ganses avec serre-câble ) chaque amarrage, mais c’est préférable. Au-delà de deux amarrages, il faut recourir au fractionnement car plusieurs personnes peuvent être sur un même tronçon et le va-et vient du câble dans les supports, outre qu’il est désagréable, engendre son usure.
    Même raisonnement pour le fil clair.
  6. Les bouts dormants des câbles doivent être gainés…ils s’ébouriffent et sont piquants…très douloureusement parfois. Les bouts des fils clairs doivent être recroquevillés, car leur rencontre sur bout vif avec les mains ou autre partie du corps ou combinaison peuvent être violente voire dangereuse.
  7. Généralement la tension manuelle maximale à la main des mains courantes métalliques est suffisante vu qu’elles sont inextensibles en elles-mêmes, mais il peut être utile et confortable de les doter de tendeurs à lucarne…si les amarrages sont vraiment costauds.
  8. Penser que cette main courante est censée pouvoir être franchie dans les deux sens, ce qui implique des positionnements d’amarrages bien réfléchis.
  9. Les amarrages intermédiaires ne doivent pas être trop distants, faute de quoi la main courante peut créer des pentes importantes si pas très tendue, ce qui engendre des passages potentiellement brutaux dans la partie descendante, et gourmands en énergie dans les parties remontantes, ou bien peuvent nécessiter sans cesse des appuis sur pédale, donc des manœuvres chronophages, et des difficultés voire stress aux débutants.
  10. Ces mêmes amarrages gagnent à être choisis là où on trouve des appuis de pieds, et bien sûr, sans dévers négatif autant que possible.
  11. Ne pas hésiter, sauf si l’économie de corde est une priorité, à confectionner des pédales de passage en posant de longues boucles pédalières en corde, en cordelette ou en sangle sous les amarrages critiques, qui sont de précieuses aides à la progression. 
  12. Du fait de l’encombrement et de la rigidité potentielle des mousquetons d’amarrage, (et pire encore, des maillons rapides, Presto, mini-Faders, et autres petits connecteurs…) il peut être vraiment agréable pour les usagers de trouver un second mousqueton dans le premier, facilitant leur mousquetonnage de longes et/ou de pédale…ceci aux passages difficiles.
  13. L’équipeur peut et doit œuvrer à l’aide d’une corde de travail, en étant assuré sur une poignée ou bloqueur longés en constante tension ou presque, mais cette méthode implique de ne pas chuter violemment, et d’avoir la corde tendue en permanence en amont du bloqueur. Elle implique aussi de devoir démettre et remettre l’assurance sur corde à chaque passage d’amarrage. 
    De tout cela, il ressort que s’assurer sur descendeur est bien plus efficace tout en restant plus sécuritaire, sachant que la bonne façon de s’assurer sur cet appareil n’est pas d’y faire des clés mais de faire un noeud de vache quelques centimètres en aval du frein ou équivalent. 
    En effet, le descendeur n’est jamais retiré de la corde, donc l’assurance est constante. En cas de chute, il y a un amortissement, le descendeur n’est pas détérioré, et la gaine de la corde n’est pas dégradée par des picots de bloqueur. Il y a bien moins de manœuvres. Les ajustements pour se positionner sont plus faciles et plus précis, moins fatigants. Tout cela étant encore plus vrai avec un descendeur « Stop », même si ce dernier n’exonère pas l’équipeur de faire un noeud en aval, par prudence…le « Stop » n’étant pas un appareil à risque zéro.
  14. Utiliser de préférence les câbles en inox, car les autres ont tendance à s’oxyder à cœur et sournoisement
    Savoir qu’il est recommandé de doubler ces passages d’une corde d’assurance provisoire au moins…ces mains courantes sont bien plus des aides à la progression que des assurances fiables

Concernant les usagers…

  1. Comme toujours et surtout ici, se longer par en-dessous, pour avoir le doigt des mousquetons vers soi, bien contrôlables et ne pouvant s’entrouvrir en cas de chute contre une protubérance de la paroi, ceci réduisant considérablement leur résistance au choc et à la charge.
  2. User de la longe courte et, si utile, de la longe longue repliée en deux avec un mousqueton supplémentaire au pli, ce qui en fait finalement une longe très courte !
  3. dans certains cas, il peut être bénéfique de se doter d’une chaînette de trois mousquetons ou d’une dégaine d’escalade, passée dans le MAVC, créant une troisième longe…de moins de 30 cm. L’intérêt de ces longes raccourcies étant d’éviter de se retrouver suspendu à bout de grande longe, le rétablissement exigeant beaucoup de force, et même parfois impossible à ceux et celles dont les bras tendus ne parviendront pas à permettre la remontée du corps si les pieds ne trouvent pas de bons appuis…et les « malheureux(ses) restent suspendu(e)s, ou s’épuisent, ou devront mettre la poignée-pédale en oeuvre…     
  4. Préventivement, utiliser la pédale seule mousquetonnée sur la main courante ou les amarrages selon les cas, 
  5. Progresser avec régularité, à son rythme, dès que ces mains courantes s’avèrent longues ou multiples, et/ou pauvres en appuis de pieds .

    90 euros les 140 m...!

  6. Lorsque des sacs sont aussi du voyage, ne pas les garder sur le dos est franchement recommandé, sauf si le contraire s’avère être une nécessité de franchissement. On peut évidemment les garder à la ceinture, mais rien n’interdit de les suspendre à la main courante et de les faire progresser en coulissant sur elle. On s’en trouve allégé et bien plus à l’aise dans ses mouvements. Bien sûr il y a un prix à payer : devoir leur faire passer chaque amarrage.
    Si ceci coûte aussi des efforts, ils sont généralement bien moindres que devoir les porter en permanence. De plus, les passages peuvent être exécutés entre équipiers, ce qui répartis tâches et dépenses énergétiques, et crée de l’entraide solidaire. On ne négligera pas, bien sûr, le risque de perdre un sac au moment du passage…ceci est aisément contrecarré soit en assurant le passage avec une longe inutilisée à cet instant, soit en ayant un mousqueton sur le sac et un autre sur la longe du sac…il y a alors le même principe technique que celui de la double longe des personnes.
  7. Sauf s’il s’agit d’intervenir auprès d’une personne, éviter d’être deux sur le même tronçon de main courante…car en plus de la gêne mutuelle, s’ajoute une double charge donc une double tension sur les amarrages…
  8. Dans les parcours prolongés, si les bras fatiguent, les laisser pendre quelques secondes puis les tendre vers le ciel quelques secondes, recommencer cela  deux ou trois fois, en « pianotant » avec les doigts pour faire travailler en douceur les muscles des avant-bras. Cet ensemble d’actions permet au sang vicié d’être éliminé et remplacé par du sang oxygéné.
  9. Réduire autant que possible les frottements durs des mousquetons de longe en alliage d’aluminium sur les câbles ou fil clairs, d’une part pour protéger les mousquetons d’une usure importante, d’autre part pour protéger les câbles.

 

L’ensemble de ces conseils et d’autres qui se trouveront bienvenus d’ailleurs, devraient permettre d’aborder les mains courantes avec  confiance et dans la sérénité…mais, pour autant, on ne dit pas que ça sera forcément une partie de plaisir !!!
Nos grottes savent se faire mériter…les mains courantes peuvent se révéler être des épreuves artistiques !

 

 

 

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