La Caverne aux Tessons

L'aventure et l'évasion

La Caverne aux Tessons

15 juillet 2018 Grottes Randonnée 0

La Caverne aux Tessons du Coquibus

La Caverne aux Tessons est l’illustration de ce que l’on peut rencontrer sous les dalles sommitales de platières, mais aussi de la variabilité des descriptifs qu’on peut en faire !
Des « cavernes », il y en a certainement beaucoup plus qu’on n’en connaît et décrit car les cavernements naturels par soutirage du sable sous les bancs de grès sont omniprésents. Ce n’est finalement qu’une vision anthropomorphique de ces espaces vides qui finit par les déclarer « cavernes » lorsque la pénétration physique est possible par un être humain. Quitte à « travailler » un peu l’affaire en creusant cette roche meuble si facile à mobiliser et à déplacer.
Bien souvent, le soutirage ne dégage que 5, 10 voire 15 cm de vide sous-jacent, alors que l’on admet que 25 cm commencent à autoriser une pénétration et une progression rampante pour un adulte moyen.


La dalle de grès étant elle-même inégale, il peut arriver qu’une sorte de chenal ou des amincissements font qu’il est bien plus facile de parvenir à créer un cheminement plus confortable pour un moindre effort de désensablement.
C’est une conjonction de facteurs qui va permettre ou non qu’une Caverne reconnue va pouvoir « exister ».  Et parfois de « disparaître ».

La Caverne aux Tessons, à bien y regarder, est un ensemble de trois cavités, voire quatre et même cinq, formant des « chambres » et reliées par des passages franchissables, rendus franchissables, ce qui fait que présentement on parle d’une seule cavité.
Deux maisons reliées par un tunnel deviennent ainsi une seule maison…
Comme le réservent les topographes de ces cavités, plusieurs continuités actuellement sans suite connue peuvent très bien déboucher sur des chambres nouvelles, ce qui fait que ces cavernes sont évolutives mais aussi parfois involutives par remplissage de sable  et/ou affaissement des dalles supérieures.

La caverne aux Tessons appartient à un groupe de cavités du site du Coquibus (ou Coquibu) (Un « coquibus » est un sot, un nigaud…voire un peu fou !), très connu pour sa ferme-auberge.
On y accède en se rendant au nord de Milly-la-Forêt, au rond-point dit « de la Grosse Roche », où l’on s’engage sur la D837 vers l’est que l’on suit 450 m pour tourner à gauche (Croisement de la Croix Saint-Antoine) puis tout de suite à gauche et aussitôt à droite sur le Chemin de Milly à Coquibus ( qui est aussi la voie d’un accès au GR11). Après 1200 m on trouve une barrière et un parking.
Continuer à pied sur 700 m et s’engager dans un chemin qui va plein Nord, sur la gauche donc, où l’on marche encore 160 m pour jonctionner avec le GR 11 que l’on suit vers la gauche sur 150 m pour se trouver au sommet de la platière, sur son bord Sud. Tout au sommet, au pied d’un vieil arbre aux formes torturées, une des entrées en forme de bouche béante est aisément repérable car très bien dégagée.
Pour lors, ce sont, 2 ou 3 mètres plus bas, environ 600 m² accessibles humainement, grossièrement décomposables en 5 chambres, dont une dite « secrète » qui dut l’être en son temps mais ne l’est évidemment plus !


Quelques décamètres carrés autorisent la station assise. Une entrée curieusement ouverte au pied d’une vieil arbre, comme dans les contes de fée, les aventures du Club des Cinq ou un album de Tintin et Milou donne sur un des espaces les plus conviviaux où les traces de bougies et d’agapes hypogées ne sont pas rares…! Gare aux Tessons !!!
Les formes géologiques habituelles se rencontrent : écailles de grès, protubérances mammiformes, grès teinté du gris pâle à ocre foncé, le tout souvent marqué de gravures rupestres « modernes ».
De même trouve-t-on des araignées Meta menardi, papillons Aglais io, diptères divers.

Une curieuse formation assimilable à des pneumatophores a pu aussi être observée.
Faute d’avoir pu trouver le renseignement, on ne sait exactement ni quand ni pourquoi l’appellation « aux Tessons » est apparue ni pourquoi…tessons de bouteille, tessons de poteries ?
Cette cavité méandrique et tentaculaire totalise actuellement environ 200 mètres de développement, et se place donc en tête de celles de ce site.

A 25 mètres de la salle « secrète » on trouve les Cavernes de l’Est…un jour ou l’autre, quelques « taupes » spéléphiles effectueront une jonction et on passera à une seule appellation avec 125 m de développement de plus d’un coup ! On sourit…

 

 

 

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