Sanatorium « Nestor Pirotte »

L'aventure et l'évasion

Sanatorium « Nestor Pirotte »

25 février 2018 Traces humaines Urbex 0

UrbEx de grande taille dans l’Oise : Sanatorium « Nestor Pirotte »

                                                                                                                                                                                                                                                                             Le Sanatorium !

Le sanatorium dit « Nestor Pirotte » compte essentiellement deux superbes bâtiments à l’abandon et qui, depuis bientôt 18 ans, nous tendent leurs ailes.
Leurs ailes qu’ils ont si grandes…

Bien que construits à 30 ans d’écart, ils l’ont été sur le même modèle trapézoïdal, 75 mètres pour le corps central flanqué de deux ailes égales de 40 m. Soit plus de 150 m par bâtiment sur un même niveau…et il  y en a quatre en plus du sous-sol !


Ces deux corps de bâtiment principaux sont reliés par une galerie-verrière courbe, en deux arcs.
Faisons le compte…1500 mètres à arpenter en UrbEx linéaire , 15 000 m² à couvrir ! Le rêve…
Depuis 1899 pour le premier puis 1920 pour le second, il y eut là entre 80 puis 180 patients simultanément, hébergés et soignés dans un  établissement de grande qualité où tout avait été pensé pour leur bien-être, médicalement comme socialement.
Salles de jeux, salles de spectacle, chambres confortables, nombreuses spécialités de soins, salles d’eau, et un magnifique parc boisé.
Situé presque au point culminant d’un plateau à 105 m d’altitude un panorama immense s’étendait aux yeux dès le 2ème étage !

 

 

 

 

 

 

Avec ses 32 lucarnes, le pavillon « A », le plus élégant,  offrait encore plus, encore plus loin…
Bien que la localisation de cet endroit ne soit guère difficile à trouver sur Internet, nous ne la révèlerons pas précisément…cela fait partie du jeu de l’urbexeur que de se fatiguer un peu à trouver tout seul ou en torturant ses camarades d’équipée !
Malheureusement, des hordes successives de saccageurs imbéciles et de voleurs sont passées par là…rien à voir avec les Urbexeurs.


Au pillage initial, succéda une casse systématique qui fut organisée, et il ne reste hélas plus que l’ossature des bâtiments et quelques éléments techniques trop solides pour êtres brisés ou trop lourds et trop bien fixés ou bien trop dégradés pour être dérobés et emportés.
Cependant, la visite systématique reste encore intéressante voire instructive…et même émouvante par endroits.

Initialement appelé Sanatorium  d’Angicourt puis de Villemin, puis de Villemin-Angicourt, puis surnommé « Nestor Pirotte », ( le « tueur fou » qui y aurait séjourné… ?) mais aussi Sanatorium Délirium ou Villurium, il  comprenait aussi des bâtiments  administratifs, le pavillon du médecin chef, une haute cheminée de chaufferies énormes, un château d’eau, une remise à voitures, des écuries, une chapelle,  une buanderie et une conciergerie…
 Avant la guerre de 14, le sanatorium était un sanatorium pour hommes puis devint un sanatorium pour femmes. 

Il traitait essentiellement des malades de la tuberculose.
Pendant la guerre, les malades et le personnel soignant furent évacués, et le sanatorium servit de cantonnement aux diverses armées. Les derniers occupants en date furent les américains. 
Bien qu’il n’y eut aucun combat dans la région donc pas de destruction notoire, les armées avaient laissé le sanatorium désorganisé et en vilain état. Il fallut commencer par un nettoyage complet et une remise en fonction.

 Puis l’établissement retrouva un bon développement, pour fermer à nouveau vers 1945.
Reprenant fonction après le conflit guerrier il devint hôpital gérontologique.
Il connut ensuite une période de fusion administrative avec d’autres hôpitaux généralistes pour former un groupe qui accueillit près de 700 malades en tout, puis de moins en moins…Il fallut fermer un des établissements du groupe et ce fut celui-ci,  fin 1999.

Malgré les outrages sus-évoqués, son architecture, ses multiples fenêtres à petits carreaux, ses lucarnes, son imposante structure, son positionnement surmontant les plaines, son écrin forestier, lui confèrent encore une certaine majestuosité.
Sa visite soignée fait passer par bien des locaux où l’on finit par imaginer ce qui a pu s’y vivre, y avoir été souffert, et avoir quelques pensées pour ceux qui y sont morts, notamment des salles de soins, de radiologie, ou encore une salle de morgue.
On ne saurait y rester indifférent, et l’endroit, quand on y évolue avec un minimum de respect et de concentration, dégage peu à peu une ambiance pesante. L’UrbEx peut être source d’émotions fortes…

Rappelons cependant que cette visite reste à la limite du tolérable, dans la mesure où on peut accéder aux lieux sans forcer une clôture ou une ouverture, moyennant un peu d’imagination.
Que la plupart des bâtiments sont inhabités, « ouverts » et fréquemment investis, sans rencontrer la moindre pancarte.
Que, néanmoins, il est fait état par certains urbexeurs et autres usagers clandestins des lieux qu’il y aurait une gardienne et/ou un gardien, improvisés ou officiellement là pour cela, et qu’en cas de rencontre avec l’une ou l’un, il conviendra de faire gros dos, et de se retirer tout de suite et poliment.
Que s’il est fait la demande de détruire les photos prises, il sera préférable de s’exécuter.
Ne jamais « emprunter » d’objets.
L’urbexeur reste un clandestin tolérable dans certaines conditions, sans plus, il n’est jamais dans son « droit ».
Nous le rappelons dans chaque article, car en cas de dérive marquée et répétée, cette pratique pourrait finir par être l’objet de nouvelles lois précisément orientées contre elle, avec une pénalisation spécifique très dissuasive,  ce qui serait très regrettable !
Nous comptons sur nos lecteurs…pour respecter les règles du bon urbexeur.

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