Le Canyonisme nocturne 594

L'aventure et l'évasion

Le Canyonisme nocturne 594

8 novembre 2022 Canyon 0

Le Canyonisme nocturne     594

Pour nombre de spéléologues quelque peu aguerri(e)s, avoir parcouru une grotte présentant un cours d’eau avec quelques marmites, cascades voire grands puits arrosés, n’a rien de surprenant ou d’extraordinaire.
C’est pourquoi pratiquer le canyonisme de nuit ne fait rien d’autre que recréer une grotte hydrologiquement active quand le ciel est « noir » !
Mais bien sûr, quelques attentions et variations s’imposent !

Il est indispensable de s’assurer qu’il n’y a pas un arrêté municipal ou préfectoral interdisant la pratique.
Prendre toutes les précautions usuelles pour le canyonisme (météo, matériel de base standard…)
Il est de loin préférable de (bien) connaître le canyon envisagé de jour, avant de le parcourir dans la nuit…et même, mieux encore, de l’avoir « reconnu » dans son état actuel. Il est en effet beaucoup plus aléatoire de détecter la présence de dangers particuliers de nuit que de jour, à la fois dans l’eau et au-dessus d’elle.
Choisir un canyon techniquement « raisonnable », adapté aux personnes concernées, sans difficultés importantes, sans « pièges »….

 

Doter chaque personne d’une lampe étanche à l’immersion « 3m » minimum et en avoir au moins une de rechange dans le bidon classique (elle doit normalement y être aussi pour une pratique de jour…) en sus du matériel ordinaire.
Il faut des lampes relativement puissantes.
Se poser aussi la question de la faisabilité des marches d’approches et de retour, en milieu naturel pas toujours faciles !
Comme en spéléologie et subterranologie, éviter au maximum de braquer les faisceaux de lampes sur les visages des autres, car il en résulte une perte de visibilité durant plusieurs secondes…il faut donc modifier les comportements habituels du canyonisme diurne.
Une équipe à effectif réduit est à privilégier.

Quels sont les intérêts et les enjeux?
On pourrait mettre en avant la forte probabilité d’être « tranquille », la fréquentation nocturne étant très rare sauf dans certains canyons étudiés et exploités par les professionnels du tourisme.
Quelques organisations professionnelles se hasardent en effet à ce type d’expérience, peu nombreuses et, pour la plupart, dans des canyons sans aucune technique de corde…canyons à toboggans ou petits sauts et courtes nages…50 à 70 €/personne pour 2 heures à 2,5 heures !
Ceci dit à titre d’information.
On veille donc à ne pas « se marcher dessus » avec ces « guides » commerciaux.
On redouble d’attention, en restant conscient que l’éventuel secours sera plus lent à intervenir et plus compliqué du fait de l’horaire d’intervention d’une part et des conditions nocturnes évidemment…donc tout accident sérieux est à éviter à tout prix, notamment au prix d’une renonciation s’il apparaît un risque trop élevé de casse-figure.
On ajoute que le canyonisme, comme le via-ferratisme, restent encore des activités de pleine nature accessibles assez librement et gratuitement, et que tout accident nécessitant des secours extérieurs constitue un argument de plus pour les partisans d’interdire ou de fortement règlementer ces pratiques ouvertes…ce qui serait bien dommage !
Donc, pas d’accident pour ces raisons secondaires qui s’ajoutent à la protection des gens en premier lieu.

 

Penser que l’éclairage n’est pas forcément toujours utile, notamment par nuit claire avec la Lune…divers passages sont faisables sans éclairage artificiel dans ces conditions.
Les sensations, déjà relevées avec éclairage électrique, le sont encore plus avec l’éclairage lunaire seul.
Les acteurs et actrices sont beaucoup plus sensibilisé(e)s par la conformation des roches, plus attentifs(ives) aux sons créés par l’eau agitée et aux « bruits » des forêts quand ces dernières sont là.
L’entraide et la bienveillance réciproque sont bien plus développées qu’en plein jour.
Les précautions relatives au matériel doivent être accentuées, retrouver ce qui se « perd » dans l’eau étant plus compliqué !

Au final, cette pratique hors-normes, bien que courante sous terre en grottes actives, offre d’autres sensations, développe des qualités d’observation, d’attention, de maîtrise de soi, d’entraide et ne peut qu’être encouragée lorsque l’équipe intéressée y est favorable.

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